Défense des Cultures

INSTITUT TOGOLAIS DE RECHERCHE AGRONOMIQUE 

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     Le Striga                        

Le Striga, plante hémiparasite de la famille des scrophulariacées, est l'une des espèces les plus étonantes du monde végétal. Le continent Africain à lui seul renferme vingt-trois des trente espèces connues actuellement; douze espèces ont été identifiées au Togo, dont certaines ont un impact économique négatif important : Striga hermonthica, Striga aspera, Striga asiatica sur les céréales (sorgho, mil, maïs) et Striga gesnerioides sur les légumineuses (niébé)

Cycle biologique

Les graines de Striga sont miniscules (moins de 0,3 mm de longueur), légères et produites en très grand nombre (10 000 à 50 000 graines par plant) sous forme d'une poussière brunâtre. Ces caractéristiques font que les graines de Striga sont facilement dessiminées par le vent, les eaux de ruissellement, le bétail et le matériel agricole.

Dans le sol, elles peuvent conserver leur pouvoir germinatif pendant plus de 20 ans.

Après les premières pluies et l'insatallation de la culture, seules les graines de Striga situées à proximité d'une racine hôte (à moins de 3 mm) sont capables de germer sous l'effet de substances contenues dans les exsaudats racinaires de l'hôte. Elles émettent alors une radicule très ténue qui doit se fixer rapidement sur une racine hôte (en 3 à 4 jours), sous peine de dégénérescence. Après la fixation, la plantule de Striga forme un suçoir qui va permettre au parasite de puiser dans l'hôte l'eau ainsi que les substance minérales et carbonées nécessaires à son développement. Simultanément, une jeune tige translucide, portant quelques écailles, se met en place et pousse verticalement jusqu'à ce qu'elle émerge du sol. Pendant cette phase souterraine qui dure 35 à 45 jours, le Striga se nourrit entièrement aux dépenns de l'hôte. Bien que demeurant invisible, il est particulièrement nuisible.

Apès émergence, le parasite forme des feuilles chlorophylliennes dont l'activité photosynthétique permet au Striga de produire une partie des substances carbonées dont il a besoin pour son développement. Cinq à six semaines plus tard, de nombreuses fleurs apparaissent. Leur fécondation aboutit à la formation de capsules contenant chacune des milliers de graines.

Méthodes de lutte

Plusieurs méthodes de lutte existent, mais nous ne citerons que celles applicables dans les conditions de l'agriculture africaine et plus particulièrement togolaise.

Pratique culturale

Culture de faux-hôtes

Cette technique consiste à privilégier des cultures dont les exsudats racinaires sont capables de faire germer les graines des parasites sans pour autant permettre le développement du parasite. On obtient ainsi des ''germinations suicides''. Les exemples les plus intéressants sont ceux du coton, de l'arachide, du soja et du niébé qui font germer les graines de Striga hermonthica sans être parasités.

Pratique agronomique

C'est la technique de lutte la plus simple qui nécessite aucun matériel sophistiqué. Il est fortement conseillé de détruire par le feu les parasites arrachés car les fleurs se Striga fécondées sont capables d'arriver à maturité même après arrachage. Pour obtenir un effet significatif sur le rendement, l'arrachage doit être appliqué régulièrement et pendant plusieurs années.

Date de semis

Le semis précoce permet à la plante hôte d'esquiver les attaques dues au Striga dès les premières pluies, au moment où les conditions ne sont pas encore réunies pour la germination des graines du parasite.

Fumure

L'apparition des Striga dans  les cultures est généralement associée à la pauvreté des sols qui résulte d'une monoculture pratiquée pendant trop longtemps et de l'absence d'apport d'intrants. Tout naturellement, on pense que l'apport d'engrais devrait améliorer la situation. Au Togo, l'apport de 120 kg d'urée à l'hectar répartis du démarrage et à quelques jours avant la floraison mâle du maïs permet de réduire le risque d'attaque parasitaire du Striga asiatica.

Rotation culturale

La pratique de la culture continue est très développée dans l'agriculture de subsistance africaine. Elle provoque une augmentation régulière et spectaculière du stock de graines de Striga dans le sol. La première mesure à préconiser est la rotation culturale de telle sorte que la culture sensible ne revienne que tous les 4 ou 5 ans. La rotation cultiurale peut être optimisée si, dans le cycle de rotation, on inroduit une plante faux-hôte comme le coton, l'arachide, le soja ou le niébé.

Association culturale

Cette technique qui consiste à associer, dans un même champ une céréale et une légumineuse (arachide, soja ou niébé) permet de diminuer fortement la pression du Striga sur la céréale. Les essais réalisés au Togo ont montré que l'association mil / soja diminue de 100 à 70 % le nombre de plants de Striga hermonthica.

 

Striga hermonthica

Camp de mil dévasté par le Striga hermonthica          

 Striga asiatica

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