Editorial :

"Mon peuple périt, faute de connaissance". Cette phrase tirée des Saintes Ecritures a certainement inspiré les Américains qui, parlant de la nécessité de diffuser les informations sur ce que l'on fait, déclarent : "publish or perish" c'est-à-dire : "publier ou périr ".

Nous saluons donc la parution de la revue Itra-actualités qui vient combler le vide qui a toujours existé depuis plus de quatre décennies. Cette revue a pour objet de faire connaître les points saillants des activités de Itra et d'échanger les expériences avec les partenaires. Sans être une revue purement scientifique, Itra- actualités se veut être le point de départ d'un dialogue interactif entre les partenaires scientifiques, les institutions sœurs, les décideurs et les premiers bénéficiaires des acquis de la recherche. Le contenu de ce bulletin est appelé à évoluer en fonction des besoins des lecteurs.

Pour atteindre ces objectifs nous attendons la contribution de tous : chercheurs de l'Itra qui ont longtemps souhaité la naissance de cette revue et tous nos partenaires dont certains ont déjà exprimé le désir de nous soutenir pour assurer une parution régulière du bulletin.

Nous sommes persuadé que ce premier numéro suscitera l'intérêt des uns et des autres pour les activités de l'Itra. Nous espérons que l'équipe de rédaction recevra des lecteurs de nombreux articles et que chaque numéro qui suivra apportera du nouveau pour que les acquis de l'Itra soient mieux diffusés.

Dr Comlan Atsu AGBOBLI

DG Itra

Nommé Directeur Général de l'ITRA par décision N° 0014/ITRA/CA du 7 décembre 2001 par le Conseil d'Administration, Dr Comlan Atsu AGBOBLI a pris fonction en janvier 2002. Il a signé le 10 janvier avec le Directeur Général sortant, Mr Fousséni ADAM, le document de passation de service en présence du personnel de l'Itra, du représentant du Ministre de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche, du Secrétaire Général dudit Ministère et du représentant du Président du Conseil d'Administration. Du 17 au 23 février, le nouveau Directeur Général a pris contact avec l'ensemble du personnel du siège, des Centres et Stations de Recherche.  Au cours de ces rencontres, il a partagé sa vision du management de l'Itra avec le personnel et a articulé son intervention autour de trois points qui sont le travail bien fait, l'efficacité et la transparence. Partout où il est passé, le Directeur Général a prodigué des conseils au personnel en l'incitant à l'esprit d'initiative et à la rédaction des projets bancables. Il a invité le personnel au courage et a promis de tout mettre en œuvre pour la recherche des financements. Il a enfin demandé aux uns et aux autres d'associer leurs prières aux siennes pour que le Seigneur tout-puissant lui accorde la sagesse nécessaire pour conduire l'Itra dans la loyauté, la justice et la transparence.

                                                                                                            Takédéna KALGORA

Au Togo, les variétés locales de sorgho sont caractérisées par une faible productivité. Leurs rendements varient de 500 à 800 kg de sorgho-grain par hectare en champ paysan. Leur cycle végétatif est très long : 150 à 180 jours alors que la saison des pluies ne fait que se raccourcir dans ces dernières années. Cette situation a provoqué sur le plan national un déficit annuel de 33 000 à 50 000 tonnes de sorgho. Or, le sorgho qui donne entre 110 000 et 172 000 tonnes de graines par an, est l'une des principales cultures vivrières du pays.

C'est pourquoi l'Institut togolais de recherche agronomique (Itra) a entrepris en 1991 des recherches ayant abouti à des variétés de sorgho améliorées très productives, dont les plus intéressantes se sont révélées être Sorvato 1 (à grains blanc - ivoire) et Sorvato 28 (à grains rouges). Elles mesurent 2 à 2,5m, leur culture dure 100 à 105 jours, leurs rendements moyens varient de 2 à 3 tonnes à l'hectare en champ paysan, et de 5 tonnes à plus de 5 tonnes à l'hectare en culture intensive.

En outre, elles entrent parfaitement dans la préparation de la pâte, principal aliment de base des populations, et des boissons traditionnelles (60 % de cette production de sorgho entrant dans leur fabrication), telles " tchoucoutou " et " tchakpalo ". Déjà, Sorvato 1 est entrée notamment dans la composition du pain avec 15 % (le reste étant constitué de farine de blé) ; elle possède une haute valeur technologique et de composés phénoliques (tanin) en faible quantité (0,20 %).

Ces performances agronomiques, technologiques et culinaires ont valu à ces deux nouvelles variétés améliorées d'être vulgarisées dans quatorze pays de l'Afrique occidentale et centrale, où elles ont confirmé leur degré élevé de production.

La production des semences a facilité la diffusion de ces variétés dans toute la région des savanes, grâce à la collaboration du Réseau ouest et centre africain de recherche sur le sorgho (Rocars), du Projet de Soutien aux groupements villageois dans l'Est de la région des savanes (Sogvers) et de l'Association française pour le développement international (Afdi 47). Cependant, des moyens plus importants doivent être mobilisés pour produire les semences en quantités suffisantes en vue de satisfaire la forte demande paysanne en semences. es travaux de sélection sont en cours pour les autres régions à saison de pluies plus longues.

L'Itra a été accompagné dans ces recherches par le Fonds européen de développement (Fed) et Oua/Cstr/Safgrad*

Batoussi M'PO

" Oua : Organisation de l'unité africaine

" Cstr : Commission scientifique et technique de recherche

" Safgrad : Semi-aride food grain research and development

Le râpage du manioc est l'une des opérations les plus pénibles dans le processus de transformation du manioc en gari. La râpe manuelle traditionnelle généralement utilisée par les femmes permet de râper environ 30 kg de racines épluchées en une heure. Pour obtenir ce résultat l'opératrice doit se tenir dans une position courbée. Ses deux bras effectuent des mouvements de va et vient le long de la râpe qui reste constamment appuyée contre les deux jambes de l'opératrice.

Pour éviter ce travail pénible, la femme est obligée de transporter sur des distances pouvant atteindre cinq kilomètres le manioc épluché auprès d'un meunier disposant d'une râpe mécanique couplée avec le moteur du moulin à maïs. Cependant, le transport du manioc épluché sur la tête et sur de longues distances est aussi pénible que le râpage manuel.

C'est pourquoi la recherche agronomique, avec l'appui financier de l'Oua / Cstr / Safgrad*, a développé la râpe motorisée mobile sur roues.

En 1997 un prototype de cette râpe a été introduit par l'ex Institut national des cultures vivrières (Incv) dans un groupement de transformation de manioc à Wogba dans la Préfecture de Vo (Sud-Est du Togo ). Cette râpe a eu du succès dans les zones de production de manioc où elle a été introduite.

Son rendement en râpage est de 970 kg de manioc à l'heure. Elle a permis en 12 mois, de râper 336 tonnes de manioc chez 1600 transformatrices dans un rayon de 10 kilomètres de Wogba. Par ailleurs, elle a permis de libérer aux femmes 10 850 heures soit environ 1356 jours de travail par rapport à la râpe traditionnelle.

Le succès de la râpe motorisée mobile a été très remarquable. En effet, pendant que l'Itra et ses partenaires (Icat**, Ensi*** et les Ets Atadegnon****) cherchaient à rendre la râpe tractable par un vélomoteur, des soudeurs locaux à Vogan ont réussi à fabriquer un modèle plus petit, plus léger et transportable sur bicyclette.

En moins d'un an, plus de 150 râpes de ce nouveau modèle ont été fabriquées et mises en service dans la seule préfecture de Vo. Comme quoi une technologie appropriée se diffuse d'elle-même.

Kodjo TETEVI et Kossi M. SEDZRO

* Oua : Organisation de l'Unité Africaine

* Cstr : Conseil Scientifique et Technique de Recherche

* Safgrad : Semi Arid Food Grain Reseach And Development

** Icat : Institut de Conseil et d'Appui Technique

*** Ensi : Ecole Nationale Supérieure des Ingénieurs

**** Les Ets Atadegnon : les Etablissements ATADEGNON

Du 28 février au 1er mars 2002 s'est tenue une réunion d'une dizaine de chercheurs de l'Institut togolais de recherche agronomique(Itra) au Centre de recherche agronomique de la zone forestière(Craf). Cette réunion a eu pour objectif d'évaluer les résultats préliminaires des recherches menées dans le cadre d'un Projet régional intitulé Programme Concerté de Recherche-Développement sur l'élevage en Afrique de l'Ouest (PROCORDEL) financé par l'Union Européenne. Ces recherches portent sur les deux thèmes suivants :

1°) L'évaluation de la production laitière dans les zones péri-urbaines de la ville de Sokodé

2°) L' insertion des cultures fourragères dans les pratiques des paysans de Vo et des Lacs

Cette rencontre, organisée par la Direction Générale de l'Itra, a permis d'évaluer les résultats préliminaires obtenus. Ces résultats font ressortir que:

(i) dans les zones péri-urbaines de Sokodé, 264 troupeaux ont été recensés. La traite laitière est pratiquée dans 94% de ces troupeaux et la production annuelle est estimée à 155.000 litres de lait. Ce lait est majoritairement auto-consommé (54%), le reste étant vendu. Il n'existe dans la région aucune organisation de collecte et de commercialisation du produit.

L'analyse microbiologique d'échantillons du lait révèle quelques contaminations secondaires dont l'incidence sur la santé humaine sera appréciée lors des investigations futures.

(ii) dans les préfectures de Vo et des Lacs, l'insertion des cultures fourragères dans les pratiques des paysans se heurte fondamentalement aux problèmes fonciers. Bien que l'élevage soit une activité rémunératrice dans le milieu, les paysans-éleveurs hésitent à insérer les cultures fourragères dans leur système de production, surtout si la terre ne leur appartient pas. Parmi les essences fourragères testées dans le milieu, le pois cajan semble mieux s'adapter que le mucuna et le leucaena.

Dr Kossi ADOMEFA

Nerica : Nouveau riz pour l'Afrique

Nerica( New Rice for Africa) est une nouvelle variété de riz issue du croisement du riz africain (Oryza glaberima ) avec le riz asiatique (Oryza sativa). La particularité de NERICA est qu'elle combine les qualités des deux parents (haut rendement, tolérance à la sécheresse, résistance aux agents biotiques, grains aromatisés, teneur en protéine élevée etc.).

En vue de promouvoir cette nouvelle variété et relancer la production rizicole en Afrique une cérémonie de signature d'un accord de collaboration pour l'Initiative Africaine sur le Riz (Ari) a eu lieu le 26 mars 2002 à Yamoussoukro, entre le Bénin, la Côte d'Ivoire, la Gambie, la Guinée, le Mali, le Nigeria, le Togo et l'Association pour le Développement de la Riziculture en Afrique de l'Ouest (Adrao). L'Initiative est supportée par plusieurs bailleurs de fonds et d'autres institutions internationales. Le document de l'accord a été signé au nom du Gouvernement togolais par le Directeur de Cabinet représentant le Ministre de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche. Le Togo qui a pris activement part à la sélection des lignées de Nerica va démarrer incessamment la production de semences de cette nouvelle variété.

Dr Comlan Atsu AGBOBLI

1. Evaluation des pratiques de gestion des éléments fertilisants et des pratiques culturales au Togo par ADOU-RAHIM ALIMI Assimiou, 1998, 34 pages. Publié par l'Itra. Réf. n° 470. Le rapport a pour objectif de répondre à une meilleure connaissance des éléments qui rentrent dans la gestion de la fertilité des sols et une meilleure appréhension des effets que ces éléments induisent sur le bilan nutritif global des sols dans les différentes exploitations agricoles. Ce document est un recueil d'informations auprès des chefs de services d'encadrement agricole, des personnes et institutions ressources et le résultat d'une enquête rurale rapide auprès des exploitants agricoles de deux villages choisis dans deux zones contrastées du pays : Atchansi dans le sud et Tanlona au Nord.

2. Cours d'initiation sur les techniques de production de semences (à l'intention des Assistants et Techniciens Spécialisés de l'Icat) à Icat Sokodé du 15 au 21 août 1999. Par l'Itra. 1999, 90 pages Réf : 496. Dans ce document est inséré : Notes sur les Techniques de production, de contrôle et de Certification des semences au Togo par KPODAR Assiongbon. 1999, 26 pages. Ce dernier comporte les normes de production, de conditionnement et de certification des semences produites au Togo afin d'éviter la dérive génétique des variétés sélectionnées.

3. Vers une production, utilisation et commercialisation durables du sorgho en Afrique Occidentale et Centrale par AKINTAYO I. et SEDGO T., 2001, 305 pages. Publié par Wcasrn/Rocars Icrisat Bamako, Mali. Réf : 614. L'ouvrage présente les communications d'un atelier organisé par le Réseau Ouest et Centre Africain de Recherche sur le Sorgho (Rocars du 19 au 22 avril 1999  à Lomé, au Togo. Les thèmes ont porté sur la production et l'utilisation du sorgho, l'autosuffisance alimentaire, le partenariat, le transfert de technologies et l'évaluation de l'impact. Les communications sont dans leur langue d'origine soit en français soit en anglais.

4. Variétés améliorées de manioc en milieu paysan en Afrique de l'Ouest par MAROYA G. Norbert et DJINADOU IGUE Kouboura Alice. 2001, 85 pages. Publié par Wasdu (West Africa Seed Developement Unit) Coordination Office P.O. Box 9698, K.I.A. Accra, Ghana Réf : 675. Actes d'atelier régional sur le manioc tenu du 11 au 12 septembre 2001 à l'Itra dont l'objectif est de favoriser les échanges d'informations scientifiques et techniques entre chercheurs spécialistes du manioc de la sous-région Ouest Africaine avec pour référentiel des résultats de deux années consécutives des tests participatifs du manioc en milieu paysan.

5. La riziculture irriguée dans la vallée du Zio, Région Maritime, Togo : Contraintes et possibilités. Par Dr Bert MEERTENS 2001, 37 pages, Réf : 677. Publié par Ifdc-Afrique; une étude exécutée avec la participation de lcat-Golfe, Itra-Cral et Padiv-Zio. Ce document comporte le résultat d'une série d'activités de diagnostic qui ont été menées en vue de mieux comprendre la situation actuelle de la riziculture irriguée dans la vallée du Zio.

N.B. : Tous ces documents sont disponibles et peuvent être consultés à la Documentation Centrale de l'Itra à Lomé - Cacavéli, responsable : Bountièbe KOLANI-LENGUEMA

Qu'est ce que l'Itra ?

L'Institut Togolais de Recherche Agronomique (Itra) est une société d'économie mixte créée par décret n° 97-105/PR du 23 juillet 1997. Il est le fruit de la fusion des anciens instituts de recherche agronomique du Ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche.

Sa mission

L' Itra a pour mission de :

- coordonner le Système National de Recherche Agricole,

- conduire des recherches visant la promotion du développement agricole.

A cet égard, l'Itra doit contribuer :

- à l'amélioration de la productivité et à l'accroissement de la production agricole basée sur des pratiques respectueuses de l'environnement,

- à la performance du personnel d'encadrement dans l'optique d'une meilleure réponse aux besoins des producteurs,

- au développement de l'approche participative entre toutes les parties prenantes,

- au renforcement de la coopération scientifique par une meilleure intégration aux réseaux régionaux et internationaux de recherche.

Ses ressources humaines :

L'Itra dispose de :

66 chercheurs

49 assistants de recherche

185 agents d'appui sur le terrain

Ses infrastructures :

L'Itra opère sur des Stations de recherche, des Points d'Essais et des Centres spécifiques :

Café - cacao - cola à Tové

Coton et petits ruminants à Kolokopé

Bovins à Avétonou

Maïs, manioc à Davié et Ativémè

Semences végétales à Sotouboua

Poissons à Agbodrafo

Laboratoires à Lomé.

Comment est-il organisé ?

L'itra est organisé en :

une Assemblée Générale

un Conseil d'Administration

une Direction Générale appuyée

au niveau central par quatre Directions :

Direction Scientifique (DS),

Direction des Laboratoire (DL) ;

Direction de l'Administration et des Ressources Humaines (DARH),

Direction des Finances et de la Comptabilité (DFC),

au niveau régional par quatre Centres de Recherche Agronomique (CRA) :

CRA du Littoral (Région Maritime),

CRA de la Zone Forestière (Région des Plateaux-Ouest),

CRA de la Savane Humide (Régions des Plateaux-Est et Centrale)

CRA de la Savane Sèche (Régions de la Kara et des Savanes)

Ses programmes de recherche

Ils couvrent les domaines suivants :

Cultures vivrières : maïs, sorgho, mil, riz, igname, manioc, légumineuses à graines.

Cultures de rente : coton, café, cacao et cola

Productions animales : bovins, ovins, caprins, porcins, aviculture, aquaculture, pêche et épidémiologie.

Gestion des ressources naturelles : fertilisation, conservation des sols et maîtrise de l'eau, agroforesterie.

Ressources phytogénétiques

Technologie alimentaire : transformation, conservation des produits et normalisation.

Biotechnologies végétales et animales

Défense des cultures

Semences végétales.

Ses activités d'appui

Elles sont :

Biométrie, Informatique et Statistique (BIS)

Information Scientifique et Technique (IST)

Analyses des sols, eaux et plantes.

Analyses et contrôles de la qualité des produits agricoles

Cartographie et Système d'Information Géographique (SIG)

Son siège social

Quartier : Cacavéli, km 10, route d'Atakpamé

B.P. 1163 Lomé-Togo

Tél. : (228) 225-21-48/225-30-96 / 225-41-18

Fax : (228) 225-15-59

E-mail : itra@café.tg

Site web : www.itranet.tg

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