RAPPORT ANNUEL 2003

Préface

L'année 2003 constitue une année de transition pour l'ITRA. En effet, après l'arrêt inattendu en 2002 des activités de l'Institut dans le cadre du financement du Projet National d'Appui aux Services Agricoles (PNASA) soutenu par la Banque Mondiale et le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA), la direction et le personnel de l'ITRA n'ont pas croisé les bras. Les moyens de travail de l'Institut ont certes sensiblement diminué mais l'Etat ayant continué à assurer le paiement du salaire, le peu de moyens financiers mobilisés dans le cadre de la collaboration avec les réseaux régionaux et internationaux de recherche et des conventions avec nos partenaires ont permis de réaliser les activités qui font l'objet de ce rapport.

En 2003, les actions ont porté essentiellement sur la sauvegarde des acquis essentiels des recherches en cours ou arrivés à terme. Elles concernent en particulier les cultures vivrières (maïs, sorgho, riz, igname, manioc), les cultures fruitières, les cultures d'exportation (café, cacao et cola), les productions animales (bovins, ovins caprins et porcins), les technologies alimentaires et une meilleure gestion des ressources naturelles.

Comme on le voit, toutes les unités opérationnelles de recherche ont tenu, chacun dans son secteur à mettre la main à la pâte, malgré le tarissement des moyens financiers de travail.

La réduction du volume des activités en 2003 a été mise à profit par la direction générale de l'ITRA pour agir en direction des autorités compétentes pour faire inscrire l'Institut sur le Budget de l'Etat et disposer non seulement du financement pour le paiement des salaires mais aussi pour démarrer en 2004 l'élaboration des situations de références dans les différents domaines d'action de l'ITRA. Ceci est d'autant plus important que les départs à la retraite des cadres et chercheurs compétents continuent et que la relève est difficilement assurée.

Les problèmes posés par le remplacement du personnel admis à la retraite conduira l'ITRA dans les années à venir sur un redéploiement du personnel pour combler les vides, à initier la formation de jeunes cadres dans les domaines requis de spécialisation. Des journées scientifiques seront organisées pour valoriser les nombreux résultats et acquis de recherche non connus.

Enfin, le Conseil Scientifique de l'ITRA sera mis sur les rails dans un proche avenir dans le souci d'améliorer la qualité scientifique de nos recherches.

Nous espérons pouvoir compter sur vos partenaires habituels et le soutien des autorités nationales pour mettre en exécution ces projets.

                                                                                                            Dr Comlan Atsu AGBOBLI

                                                                                                            Directeur Général de l'ITRA

La situation socio-économique très difficile que traverse le Togo depuis 13 ans ne s'est pas du tout améliorée. Suite aux suspensions répétées des financements de la Banque Mondiale dans le cadre du PNASA, les activités de recherche de l'ITRA en 2003 n'ont pu être exécutées que grâce à l'appui des autres partenaires c'est-à-dire les Réseaux, les Institutions Internationales de Recherche, les ONGs , etc.Sur le plan national 112 opérations de recherches ont été conduites. Elles sont réparties de la manière suivante :

                                                                                  CRA-L      18

                                                                                 CRA-F       15

CRA-SH    63

CRA-SS    07

DL          09

TOTAL 112

Le présent rapport est une synthèse des rapports annuels des directions centrales et régionales de l'ITRA. Il est organisé en cinq parties reflétant les domaines de compétence de l'institution. Il s'agit de :

" Cultures vivrières

" Culture de Rente

" Productions Animales

" Ressources Naturelles

" Technologies Alimentaires

L ' agriculture togolaise est dominée par les productions vivrières d'origine végétale. Sur plus de 842 000 ha cultivés, les céréales (maïs, sorgho, mil, riz et fonio) prédominent avec environ 71 % des superficies. Elles sont suivies par les racines et tubercules (manioc, igname, patate douce, taro, pomme de terre, etc.) avec environ 12 % des superficies, les légumineuses à graines, fruits et légumes, etc. L'ensemble de ces cultures vivrières contribue pour 65 % en moyenne au PIB agricole (FAO, 1997).

Les productions sont très irrégulières. Pour les céréales, les productions sont estimées à 450 000 tonnes de maïs, 150 000 tonnes de sorgho, 50 000 tonnes de mil et 65 00 tonnes de riz paddy par an. Au niveau des plantes à racines et tubercules, les productions sont estimées à 700 000 tonnes pour le manioc, 650 000 tonnes pour l'igname, 10 000 tonnes pour le taro et 5 000 tonnes pour la patate douce. Les rendements sont généralement faibles : 0,8 à 2 t/ha au maximum pour les céréales, et 6 - 10 t/ha pour les racines et tubercules.

Les causes de ces faibles rendements et productions sont : la grande variation des conditions climatiques marquée par la diminution du volume des pluies et leur mauvaise répartition, la baisse continue de la fertilité des sols, l'utilisation prépondérante de variétés traditionnelles à faible potentiel de rendement, la perte progressive du potentiel génétique des cultures, la prédominance de pratiques culturales non respectueuses de l'environnement, etc.

Dans le souci d'améliorer la productivité et la production des différentes cultures, la recherche agronomique s'est surtout axée en 2003 sur l'amélioration variétale, l'amélioration des techniques culturales, la défense des cultures, les études socio-économiques et le transfert de nouvelles technologies éprouvées aux producteurs. D'autres activités ont concerné la collecte et la conservation des ressources phytogénétiques et la production de semences.

           CULTURE SVIVRIERES

MAIS

Le maïs est une culture vivrière importante pour le Togo. L'ITRA continue par mettre un accent particulier sur cette culture avec la contribution des réseaux de recherche-développement notamment le Réseau Ouest et Centre Africain de Recherche Collaborative sur le Maïs (WECAMAN).

Au cours de la campagne agricole 2003-2004, les activités de recherche et de pré- vulgarisation sur la filière maïs ont porté sur :

- l'amélioration variétale

- la production de semences

- la protection des cultures

- la socio-économie et le transfert de technologies

Variété de maïs QPM

Le maïs QPM (Quality Protein Maize) se distingue des autres variétés de maïs par sa haute teneur en acides aminés essentiels tels que la lysine et le tryptophane .

Au Togo, les travaux de sélection réalisés depuis 1999 ont permis de développer un certain nombre de lignées S3 et S6 ainsi que deux variétés synthétiques . Au cours de la campagne 2003/2004, il s'est agit de (i) maintenir ces lignées et variétés synthétiques QPM et (ii) former des hybrides top-cross et un hybride variétal. Ces travaux de sélection ont été réalisés sur les stations d'Ativémé, d"Adéta et de Sotouboua.

Les travaux ont permis d'avoir à l'issue de la sélection récurrente et de la sélection généalogique 24 hybrides top-cross QPM et un hybride variétal QPM. Un échantillon de 30 - 50 grains a été prélevé par lignée et par variété synthétique pour l'analyse de leur teneur en lysine et tryptophane.

Les actions futures seront axées sur l'évaluation des performances des variétés synthétiques et de l'hybride variétal ainsi que le maintien des lignées et des variétés développées.

Multiplication et maintien du matériel introduit du CIMMYT et de l'IITA

Quelques populations de maïs QPM sélectionnées au CIMMYT (Pool 15 C7 QPM, Pool 17 C8 QPM, Pool 18 C8 QPM, Pob 61C1 QPM) et à l'IITA (Pool 15 QPM SR, Pool 18 QPM SR, Pop 61 QPM SR) ont été introduites au Togo en 2002 pour enrichir le germoplasme national du maïs. Le programme de sélection variétale de ces QPM s'appuyant essentiellement sur ce matériel, le maintien de ces populations est nécessaire. L'objectif de cette activité a été donc de multiplier et de maintenir le matériel introduit en vue d'enrichir le germoplasme de maïs existant. La multiplication a été faite par la méthode de half sib en pollinisation artificielle.

Pour chaque variété multipliée, 3 à 5 kg de maïs-grain ont été récoltés et mis en conservation au magasin. Ces introductions seront évaluées afin de dégager les meilleures pour la vulgarisation.

Production de semences de pré-base, de base et commerciales

Variétés Ikenne 9449 SR et AB11

L'ITRA a entrepris un programme de régénération des variétés de maïs les plus cultivées au Togo notamment Ikenne 9449 SR et AB 11 en vue de produire, à partir de nouvelles souches, les semences de pré-base, de base et commerciales en vue de satisfaire les besoins des multiplicateurs de semences et pérenniser leur culture au Togo.

Les semences de prébase ont été produites à la station de Davié ; les semences de base et commerciales ont été produites à la station d'Ativémé. Les semences de pré-base ont été produites par la méthode de half sib et les semences de base et commerciales par bulk - sibbing. Les quantités de semences produites sont présentées dans le tableau 1. Cette production de semences devra se poursuivre afin de garantir la qualité des semences de maïs à mettre à la disposition des paysans.

Variétés 95TZEEW, DMRERSW et ZLComp3C2w.

La zone de Kara a été retenue pour cette activité menée chez 10 groupements dans sept (7) localités : Gandé dans la préfecture d'Assoli, Kabou, Boulare, Tankpayaboure, Bassar dans la préfecture de Bassar, Kante dans préfecture de la Kéran Kpenzindé dans préfecture de la Kozah.

Les quantités de semences commerciales produites sont de 2605 kg pour la variété extra précoce 95TZEEw, 1996 kg pour la variété précoce DMRERSW et 3296 kg pour la variété à cycle intermédiaire TZLComp3C2W. En ce qui concerne les semences de base, les quantités produites sont 185 kg pour la variété extra précoce 95TZEEw et 210 kg pour la variété précoce DMRERSW.

Semences de base et de pré-base de variété QPM.

La variété de maïs QPM Obatanpa qui a fait ses preuves dans l'alimentation des porcs, de la volaille et des hommes en Amérique latine et au Ghana a été introduite au Togo en 1996 par le projet Sasakawa Global 2000. Ce maïs est actuellement en pré-vulgarisation dans la région Centrale.

La production de semences a été réalisée à la station d'Ativémé par half sib (pré-bases) et bulk-sibbing (bases). L'identification des paysans individuels producteurs de semences a été faite par une enquête informelle dans la région centrale dans les zones où les nouvelles variétés sont en pré-vulgarisation.

Au total : 120 kg de semences de pré-base et 200 kg de semences de base ont été produites. Par ailleurs, douze paysans multiplicateurs de semences ont été retenus pour suivre un recyclage sur la production des semences en début de la campagne 2004/2005.

Essais d'efficacité des herbicides:

Des tests ont été conduits sur la station de Davié pour déterminer l'efficacité spécifique de nouveaux herbicides de pré-levée et de post-levée sur les principales mauvaises herbes. La culture protégée était le maïs, variété AB-11.

* Herbicide de post-levée : Calloxone Super

Le Calloxone Super un nouveau produit à base de Paraquat a été utilisé comme herbicide de contact en absence de la culture. Il a été testé à trois doses et comparé à Gramoxone super qui est le produit de référence. L'échelle de notation utilisée est celle préconisée par la Commission des Essais Biologiques (CEB) de la société française de phytiatrie et de phytopharmacie.

Il resssort des travaux que le Calloxone super a eu une efficacité équivalente à celle du Gramoxone super. Ces deux produits ont été plus efficaces sur les adventices issues des levées que sur celles provenant des repousses. Cette efficacité a été très bonne notamment sur Euphorbia heterophylla, Rottboellia cochinchinensis, Amaranthus viridis et Boerhavia erecta issues des levées.

Le "Calloxone super" peut être utilisé comme herbicide de post-levée en l'absence de la culture ou en post-semis de la culture, pré-levée de la culture et post-levée précoce des adventices aux stades phénologiques 2 à 4 feuilles à la dose de référence de 400 g/ha de matière active soit 2 l/ha de produit commercial.

* Herbicide de pré-levée : Lumax

L'herbicide de pré-levée étudié est le mésotrione 125/S-métolachlore 375/ terbutylazine 37,5 connu sous le nom commercial de Lumax. C'est un herbicide de post-semis, pré-levée de la culture et des adventices. Il est utilisé sur sol propre. Il s'agissait de déterminer son efficacité globale et spécifique sur la flore adventice et d'évaluer sa phytotoxicité sur le maïs. Les caractéristiques du produit et les doses testées sont consignées dans le tableau 2. Atrzine250/métolachlore 250 (Primagram 500) a servi de produit de référence.

L'herbicide " Lumax " a eu, en général, une efficacité de moyenne à bonne sur les principales mauvaises herbes du milieu. Cette efficacité a été particulièrement bonne sur Tridax procumbens et acceptable sur E. heterophylla. La dose de référence à retenir est celle de 1612 g/ha de matière active soit 3 l/ha de produit commercial. Les trois doses testées ont été totalement inefficaces sur les repousses de Commelina forskalaei. La rémanence des trois doses de l'herbicide a permis de protéger la culture contre l'effet dépressif des mauvaises herbes jusqu'à 45 jours après le traitement.

* Essai de sélectivité de Lumax

L'herbicide Lumax à base de mésotrione 125/S-métolachlore 375/ terbutylazine 37,5 a été testé pour sa sélectivité vis-à-vis de la culture de maïs. Trois doses croissantes 3l, 6l et 9l de produit à l'ha ont été testées contre un témoin non-herbicidé.Les observations ont été réalisées 15, 30 et 45 jours après le traitement. La phyto - toxicité de l'herbicide a été appréciée à l'aide de l'échelle de phytotoxicité de la Commission des Essais Biologiques (CEB) de la société française de phytiatrie et de phytopharmacie. La dose de 3l de produit soit 1612 g/ha de matière active à l'ha a été reconnue efficace lors de la phase d'efficacité.

Le produit Lumax n'a pas présenté de symptômes de phytotoxicité sur le maïs aux trois doses et aux trois dates d'observation. Il peut être recommandé comme herbicide de pré-levée du maïs au Togo à la dose de référence de 1612 g/ha de matière active soit 3 l/ha de produit commercial. Ainsi, sa pré-vulgarisation peut être envisagée.

* Systèmes de culture dans la lutte contre le Striga

Le Striga constitue une contrainte majeure à la production céréalière au Togo où l'on estime que plus de 200.000 ha de maïs et de sorgho sont infestés par le Striga asiatiaca et hermonthica. Les champs cultivables sont souvent abandonnés à cause de l'agressivité et de l'extension du parasite. La complexité du mode de vie parasitaire du Striga et la faiblesse des revenus des paysans rendent difficile la lutte contre ce fléau. Les méthodes de lutte préconisées se résument à :

- un labour profond pour enterrer les graines de Striga

- des désherbages manuels et des sarclages à la houe l'utilisation des cultures pièges et faux hôtes en rotation culturale

- l'utilisation des engrais surtout azotés

- le traitement des semences par la poudre du néré

- l'utilisation des herbicides et des variétés sélectionnées

Ces méthodes ne sont pas toutes à la portée des paysans et il n'y a pas de méthode qui à elle seule peut contrôler efficacement le Striga. Puisque le Striga est une plante prolifique produisant une grande quantité de petits grains qui se propagent facilement, il est nécessaire d'empêcher toute floraison de Striga à travers la combinaison de plusieurs méthodes de lutte. L'utilisation d'une plante piège tel que le Soja, le coton ou le voandjou en système de rotation avec une variété tolérante ou résistante au Striga peut être facilement acceptée par les paysans.

C'est dans cette optique que des systèmes de cultures associant des variétés de maïs tolérantes au Striga au soja Jupiter et au niébé TVx 1850 - 01F ont été testées pour être adaptées aux conditions des petites exploitations agricoles. Les activités sont menées à Namaré et à Biankouri dans la préfecture de Tone. Deux variétés de maïs tolérantes au Striga ont été utilisées : ACR94TZEComp5W et TZLComp1WC4. Une culture pure de maïs représentait le témoin du paysan.

Les résultats obtenus ont révélé que le système associant les deux variétés de maïs tolérantes au Striga au niébé ou au soja permet de lutter efficacement contre ce parasite comparativement au témoin du paysan. Les deux variétés tolérantes au Striga ont aussi donné des rendements plus élevés que le témoin.

Une analyse économique a montré que les deux systèmes comprenant les deux variétés tolérantes de maïs associées au niébé ou au soja présentent des marges brutes positives avec une moyenne de 22345 F/ha pour le niébé et 49237 F/ha pour le soja. La marge brute du système de culture du paysan (témoin) est déficitaire (-28863 F/ha à Namaré et -16275 F/ha à Biankouri).

Promotion des variétés de maïs extra précoces, précoces, et QPM

En vue de faire accroître les rendements du maïs, des variétés extra-précoces, précoce et QPM à hauts rendements et répondant au goût des consommateurs ont été introduites au Togo.

- Variétés précoces et extra-précoces : Des activités ont été menées dans les régions des Savanes, de la Kara et Centrale pour montrer la performance de ces variétés, améliorer les pratiques culturales et sensibiliser les agriculteurs à leur adoption. Dans chacune des régions de la Kara et des Savanes, des activités ont été menées chez 24 paysans. Des variétés concernées sont :

- TZEComp3C2, DMRESRw, AB11 de cycle moyen

- 95TZEEw, 95TZEEy et TZESRw x Gua 314 de cycle court.

Ces variétés ont été associées au niébé dans le souci d'améliorer la fertilité des sols et de réduire la dépendance aux engrais minéraux. Pour le cycle de développement, les deux types de variétés se sont révélés plus précoces que la variété du paysan qui est Ikenne. Ce cycle est de 86 jours pour les variétés extra précoces, de 98 jours pour les variétés précoces et de 100 jours pour la variété du paysan.

Pour la productivité, les variétés extra précoces se sont révélées moins productives par rapport à la variété du paysan. Dans la région de la Kara cette productivité est de 1675kg/ha pour la variété 95TZEE-W, 1100kg/ha pour la variété 95TZEE-Y1, de 1000kg/ha pour la variété TZESRwxGUA et de 1750kg/ha pour la variété Ikenne 8149SR. Dans la région des savanes, cette productivité est de 2612,5kg/ha pour la variété 95TZEE-W, de 2450kg/ha pour la variété 95TZEE-Y, de 2775kg/ha pour la variété TZESRwxGUA et de 3018,75kg/ha pour la variété Ikenne 8149SR.

Les producteurs se sont beaucoup intéressés à la précocité de ces nouvelles variétés car elles leur permettraient de couvrir la période de soudure et de faire facilement deux cultures par saison.

- Variétés QPM

Les sites de cette activité sont Lama-Tessi dans la préfecture de Tchaoudjo et Alibi 1 dans la préfecture de Tchamba dans la Région Centrale. Dans chacune des localités, 20 paysans ont été repartis en deux groupes de 10 mettant chacun en place des variétés précoces ou extra précoces. Les variétés testées sont

" Précoces : Obatanpa (QPM), ACR 95 TZEComp 4 C3 et une variété témoin, celle du paysan

" Extra précoces : Obatanpa à la place de EV99 QPM dont les semences n'ont pas été disponibles cette campagne, 95 TZEEW1 et une variété témoin du paysan. Des générations dégradées de la variété Ikenné 8149 SR ont été utilisées comme témoins.

. Les engrais (150 kg de NPK15-15-15 et 50 kg d'urée par hectare) ont été épandus au démariage pour la fumure NPK 15-15-15 et dès la sortie des panicules pour l'urée. Ecartement de semis : 0,80 m x 0,35 m à 2 plants par poquet. Le soja a été associé au maïs à cause de son rôle améliorateur de la fertilité du sol. Le schéma de semis fut une ligne de soja entre deux lignes de maïs et 0,40 cm entre les poquets de soja, à 2 plants par poquet.

- Résultats obtenus :

Cycle des variétés dans les différentes zones

Le cycle des variétés extra-précoces a été en moyenne de :

- 89 jours à Lama-Tessi et 85 jours à Alibi I pour la 95TZEEW1 ;

- 95 jours à Lama-Tessi et 92 à Alibi I pour Obatanpa ;

- 103 jours à Lama-Tessi et 104 à Alibi I pour le témoin Ikenné.

Quant aux variétés précoces, les cycles observés ont été de 96 et 90 jours pour Obatanpa, 92 et 86 jours pour ACR 95 TZEComp 4 C3 et de 102 et 103 jours pour le témoin à Lama-Tessi et Alibi I, respectivement.

Rendement des différentes variétés de maïs

L'essai I (variétés extra-précoces) : Le rendement moyen le plus élevé fut obtenu avec la variété Obatanpa dans les deux villages; il fut de 2603 kg/ha à Lama-Tessi et de 2079 kg/ha à Alibi I. Le témoin du paysan avec un rendement moyen de 2420 kg/ha s'est révélé meilleur. A Alibi 1 le meilleur rendement fut observé chez la variété Obatanpa avec 3218 kg/ha

Rendement du soja associé aux différentes variétés de maïs

Le rendement du soja associé aux différentes variétés des deux types a varié de 106 kg/ha à 201 kg/ha au niveau des variétés extra précoces et de 296 kg/ha à 395 kg/ha chez les variétés précoces.

Revenu des producteurs

Le bénéfice net des producteurs a été calculé à partir du coût de production et de la valeur de la production. Le coût de production a pris en compte le coût des intrants et le coût de la main d'ouvre pour les différents travaux du labour jusqu'à la récolte et l'égrenage du maïs et du battage du soja, alors que la valeur de la production a pris en compte la valeur de la production du maïs et celle du soja.

Pour les deux villages, le coût moyen de production se présente comme suit :

- semences de maïs 300 F x 25kg = 7500 F ;

- semences de soja 600 F x 10 kg = 6000 F;

- engrais 155 F x 200 kg = 31000 F;

- main d'œuvre = 78600 F;

- Total = 123100F

Le prix moyen du kilogramme de maïs est de 100 F et celui du soja de 160 F. Dans l'essai I (variétés extra-précoces) le bénéfice net du paysan (tableau 5) a varié d'un minimum de 89700 F pour le témoin (Ikenné) obtenu à Alibi I à un maximum de 157040 F pour Obatanpa obtenu à Lama-Tessi. L'essai II (variétés précoces) a procuré aux paysans des bénéfices qui ont varié :

- de 137080 F pour 95TZEComp4 C3 à 182300 F pour Obatanpa à Lama-Tessi ;

- et de 110660 F pour le témoin à 247820 F pour Obatanpa à Alibi I.

Deux journées agricoles ont été organisées dans la zone en vue de recueillir les impressions des producteurs agricoles sur la performance des nouvelles variétés de maïs et la pratique culturale maïs-soja. Des explications sur le maïs à protéines de qualité (QPM), ont suscité des discussions après lesquelles les paysans ont découvert que les nouvelles variétés leur conviennent pour les raisons suivantes :

- Obatanpa pour son bon rendement et sa qualité d'améliorer leur ration alimentaire

- ACR95TZEComp4 C3 de part toutes ses caractéristiques ressemble à la variété Ikenné 8149 SR qui est appréciée dans la région

- 95TZEEW1 - il est possible avec cette variété de faire deux récoltes par an si on sème au bon moment et au bon endroit ou de semer le coton en dérobé, la récolter après et laisser le coton évoluer; en la semant tôt elle mûrit en période de disette, ainsi elle pourra sauver les producteurs de la famine.

Quant à ce concerne l'association du soja au maïs, les paysans ont été unanimes sur son effet améliorateur de la fertilité du sol. Ils souhaitent le semer entre les poquets de maïs sur la même ligne que de le semer entre les lignes de maïs pour les raisons suivantes :

- faciliter les sarclages ;

- permettre le buttage pour les paysans qui cultivent le maïs à plat ;

- pour les paysans de la région qui cultivent le maïs sur billons il serait inopportun de semer le soja dans les sillons.

* Amélioration des relations recherche-vulgarisation-agriculteurs

L'adoption des technologies développées par la recherche agricole passe par une bonne liaison entre les différents acteurs de génération des technologies que sont les chercheurs, vulgarisateurs et producteurs. Cette liaison est nécessaire pour identifier les contraintes agricoles, trouver des solutions appropriées et enfin faciliter l'adoption des innovations. Des actions ont été conduites dans ce sens dans les régions des Savanes et de la Kara.

Les actions ont tournés autour des parcelles de démonstration constituées par la variété améliorée de maïs DMRESRw et le témoin Ikenne installées chez 20 paysans répartis dans les localités de Nandjak et Nanergou (Region des Savanes) et une journée agricole qui a permis de sensibiliser cinquante agriculteurs à l'utilisation des semences améliorées et aux itinéraires techniques culturaux qui les accompagnent.

SORGHO

Le sorgho est une culture très importante au Togo. Il est , en termes de superficies cultivées, la deuxième céréale la plus cultivée après le maïs. La superficie consacrée à cette culture est estimée à plus de 180 000 hectares par an. Cependant les rendements restent encore bas (inférieurs à une tonne à l'hectare) en raison de différentes contraintes de production liées à cette culture. Les travaux de recherche visent à lever ces contraintes de production en vue d'amélioration sa productivité.

Au cours de la campagne 2003/2004 les activités de recherche ont porté essentiellement sur l'amélioration variétale et la production de semences.

Les travaux entrepris avaient pour but de régénérer un certain nombre de variétés améliorées qui se sont dégradées et aussi de poursuivre la fixation de nouvelles lignées à cycles moyen et semi-tardif. Les variétés concernées sont Sorvato 1, Sorvato 28, Sorvato 41, Framida, S34, SRN39 et Malisor 92-2-1.

A l'issue de la campagne ces différentes variétés, ainsi que Vingt cinq (25) écotypes locaux tardifs, ont été régénérés à partir de la sélection et l'autofécondation des panicules types. Par ailleurs, 20 lignées précoces (100 -110 jours) et 21 lignées intermédiaires (120 -130 jours) ont été sélectionnées.

Cette production vise à disposer des semences de base et de semences certifiées à fournir aux paysans multiplicateurs de semences commerciales et /ou producteurs de sorgho.

Les semences de base de la variété Sorvato 1, la plus cultivée dans la région des Savanes, ont été produites sur 0,25 ha.

La multiplication des semences commerciales a été faite ensemble avec les paysans et a permis de produire 5060 kg de semences de bonne qualité. Cette quantité devait permettre d'emblaver 840 hectares en 2004.

RIZ

Le riz occupe une place importante dans l'alimentation de la population togolaise. Sa consommation qui a été estimée à 64.000 tonnes en 2000 pourrait atteindre 78.000 tonnes en 2005 (DSID, 2003). Cependant, la production nationale ne dépasse guère 60.000 tonnes de paddy par an soit environ 40.000 tonnes de riz blanc. Cette production provient à 60 % de l'exploitation des bas -fonds. Les causes de ces faibles production du riz sont liées essentiellement à la non maîtrise de l'eau, les pratiques culturales traditionnelles inadaptées entraînant la dégradation des sols et la baisse de leur fertilité, la pression de plus en plus forte des adventices et la faible utilisation des variétés améliorées. Pour lever ces contraintes de production, les actions de recherche de la campagne 2003/2004, ont porté sur la promotion de nouvelles variétés, l'amélioration des techniques culturales, la défense des cultures et le transfert de technologies aux paysans.

Dans la partie sud du Togo à deux saisons de pluie, le riz est le plus souvent cultivé seulement en grande saison. Durant tout le reste de l'année les parcelles sont occupées par la jachère naturelle. L'inconvénient de ce système traditionnel est que le paysan n'arrive pas à profiter des réserves d'eau du bas-fond en contre saison, ni à pratiquer la culture de début de saison. Pour une exploitation durable de ces écosystèmes, il s'avère nécessaire d'améliorer ces systèmes traditionnels en tenant compte à la fois du revenu des producteurs et de la gestion des ressources disponibles. C'est dans ce contexte qu'un travail de recherche visant l'amélioration des systèmes de culture à base de riz dans les bas-fonds a été entrepris afin de soutenir les paysans dans leurs efforts de production de riz dans les bas-fonds. A cet effet trois nouveaux systèmes de culture ont été testés auprès des paysans producteurs de riz de bas-fond. Ces systèmes visent d'une part à améliorer fertilité des sols de bas-fond et à diminuer la pression des adventices et d'autre part à améliorer la rentabilité de l'exploitation des bas-fonds.

Les essais ont été réalisés chez 18 paysans volontaires dans le bas-fond d'Idao (préfecture de l'Amou). Les nouveaux systèmes de culture proposés (T1, T2 et T3) ont été comparés au système traditionnel T0 (tableau 7).

Une enquête réalisée auprès des paysans, après la récolte du riz en deuxième année, révèle que les paysans ont bien apprécié les nouveaux systèmes testés. En effet, des 18 paysans, 51 % optent pour le système T3, 38 % pour le système T2, 9 % pour le système T1 et seulement 2 % pour le système traditionnel T0. Les principales raisons évoquées ont été :

- Le système T3 leur a permis de récolter, en plus du riz, de l'arachide sur la même parcelle et dans la même année. De plus, le rendement en riz paddy, comparé au système traditionnel, est plus élevé en 2ème année. Ceci traduit l'effet de l'arachide de début de saison sur l'amélioration de la fertilité du sol.

- Le système T2 permet, grâce à la vente du gombo en contre saison et du maïs en début de la saison suivante, d'améliorer le revenu des paysans au cours d'une même année.

- Le système T1 avec la jachère artificielle de mucuna permet, certes, d'améliorer la fertilité du sol et de diminuer la pression des adventices (le rendement du riz après la jachère de mucuna est meilleur à celui obtenu après une jachère naturelle) ; mais les paysans ne semblent pas accepter ce système qui leur prend un précieux temps qu'ils préfèrent consacrer à d'autres occupations en dehors des bas-fonds.

Les principaux ennemis de la culture du riz sont les mauvaises herbes, les maladies cryptogamiques et les insectes ravageurs. Pour contribuer à l'amélioration de la production du riz au Togo, il s'avère indispensable de trouver des moyens efficaces de prévention et/ou de protection des cultures de riz contre ces ennemis.

*  Gestion de l'adventice Echinochloa sp.

Plusieurs espèces d'adventices concurrencent le riz et diminuent son potentiel de rendement. C'est le cas de Echinochloa colona, une adventice pérenne de la famille des Poaceae. Très semblable au riz avant l'épiaison, elle est souvent confondue au riz et n'est pas arrachée lors des sarclages. Dans la vallée du Zio où elle est communément appelée ''Panico'', cette mauvaise herbe envahit sévèrement les parcelles et contraint parfois les paysans à l'abandon des casiers rizicoles.

C'est dans ce contexte qu'une étude a été menée sur le périmètre rizicole d'Assomè dans la préfecture du Zio en vue de mieux connaître la biologie de cette adventice, d'appréhender sa nuisance spécifique sur le riz dans le milieu et enfin tester différentes méthodes de lutte. L'étude a été réalisée en 2002 et 2003. Les Résultats obtenus ont été :

" Deux espèces d'Echinochloa recensées dans la vallée du Zio à savoir E. colona et E. crus-galli.

" L'étude de la biologie de E. colona a révélé que c'est une plante à croissance très rapide qui peut entrer en floraison après 3 à 4 semaines. Elle peut donc boucler son cycle entier en 45 jours comme l'ont montré Thomas Le Bourgeois et Henri Merlier en 1995. A ce rythme, E. colona peut facilement stocker trois générations de semences dans les parcelles rizicoles en un seul cycle du riz. Ce caractère lui confère une suprématie certaine en matière de concurrence avec le riz pour la lumière, l'eau et les éléments nutritifs.

" Le rendement du riz a varié de 4,25 t/ha pour EP (entretien permanent) à 2,55 t/ha pour E0 (entretien nul de Echinochloa) avec une perte de rendement de 40 % ( Tableau 8 ).

" L'évaluation de l'efficacité des herbicides a révélé qu'aucun herbicide n'a pu empêcher l'émergence et la fructification d'Echinochloa. Par ailleurs, en termes de coût des opérations, il n'y a pas eu de différences entre les sarclages et l'utilisation des herbicides. Mais il est à noter que l'utilisation des herbicides permet de lutter contre beaucoup d'autres adventices et d'apporter des bénéfices substantiels aux producteurs.

* Gestion intégrée et participative des maladies du riz dans les écosystèmes irrigué et de bas-fond

Pour contribuer à l'amélioration de l'état phytosanitaire du riz cultivé au Togo, il s'avère indispensable de préconiser une gestion intégrée et participative des diverses affections.

La présente étude a été réalisée en vue de connaître le niveau de distribution des maladies du riz dans le pays, analyser le comportement des variétés de riz cultivées vis à vis du virus de la panachure jaune du riz (RYMV) et des autres maladies, mettre au point une stratégie de lutte intégrée en milieu réel et former des paysans pilotes à la reconnaissance des maladies. A l'issue de ces travaux les principaux résultats suivants ont été obtenus :

- La pourriture des gaines causée par un parasite fongique Sarocladium orysae est aujourd'hui la principale maladie qui affecte la production rizicole au Togo. Les autres maladies rencontrées sont le charbon, la pyriculariose, la cercosporiose et l'helminthosporiose. Les symptômes des nématodes ont été observés sur de jeunes plants en culture irriguée sur le périmètre d'Assomè ;

- La présence de la panachure jaune est très limitée, mais compte tenu des dégâts qu'elle occasionne dans d'autres pays de la sous-région, tout doit être mis en œuvre pour prévenir son expansion au Togo ;

- L'ampleur de ces maladies est plus faible aux stades de tallage et de montaison qu'à l'épiaison et au stade de maturité quelles que soient les conditions de culture ;

- La gestion participative des maladies a démarré et au total 31 paysans (14 à Assomè et 17 à Kpele-Tutu ) ont été formés sur la reconnaissance des symptômes des principales maladies du riz.

*  Introduction et diffusion de nouvelles variétés de riz par la méthode de sélection variétale participative

Un des facteurs d'amélioration des rendements dans la production du riz est l'utilisation des variétés améliorées. Cependant, les variétés traditionnelles à faibles potentiels de rendement restent les plus utilisées dans les bas-fonds notamment dans la région des savanes. C'est dans ce contexte que de nouvelles variétés ont été introduites dans les localités de Nogiyog dans la région des Savanes et de Bassar dans la région de la Kara pour permettre aux paysans de sélectionner celles qui répondent le mieux à leur goût. Tout au long du cycle cultural et à la récolte, des séances d'évaluation de ces variétés par les paysans ont été organisées afin de leur permettre d'apprécier le comportement des variétés au champ, leur rendement et la qualité des grains.

Dans les Savanes, 18 variétés adaptées à l'écologie de bas-fond ont été introduites auprès des riziculteurs du bas-fond de Nogyiog. Les évaluations ont été faites par 36 paysans dont 26 femmes de Nogyiog et villages environnants (Gangbogue, Tonte et Wandoume). Il en ressort que, pour les paysans des Savanes, les critères de choix de variétés les plus importants sont :

" le rendement élevé,

" la précocité,

" le bon tallage,

" la bonne compétitivité aux adventices,

" la faible exigence en engrais et

" une taille pas trop haute.

Dans tous les cas, les critères de précocité et de productivité semblent être les plus déterminants ; ce qui est normal dans cette région à saison des pluies assez courte et où le riz reste la principale culture pratiquée dans les bas-fonds. A l'issue de la campagne, 12 variétés sur les 18 qui été introduites ont été globalement bien appréciées par les paysans. Mais quatre (4) variétés semblent retenir plus leur attention paysans à savoir TGR 75, TGR 203, TGR 207 et TCA-80. L'évaluation de ces variétés va se poursuivre en 2004 dans les champs individuels des paysans.

Dans la zone de Bassar (région de la Kara), huit (8) variétés de bas-fond et neuf (9) variétés pluviales introduites en 2002 ont été évaluées dans neuf localités de la préfecture (Bassar, Dimori, Kabou, Bitchalambé, Samkpalé, Kikpéou, Boungba, Outchado et Katchalosso) par 38 paysans au total. Chaque paysan a eu cultiver 2 à 4 variétés de bas-fond et 1 à 3 variétés pluviales. En fonction de la disponibilité de semences, chaque variété était cultivée par 2 à 16 paysans. A l'issue des différentes évaluations, sept (07) variétés pluviales (WAB 450-I-B-P-160-HB, WAB 450-I-B-P-91-HB, WAB 668-B-5A1-1, WAB 32-59 , WAB 224-8-HB, WAB 488-226-2 et TGR 68) et cinq (05) variétés de bas-fonds (ITA 324, IR 841, TGR 75, TOX -6-1-2-3-1 et CK 73) semblent avoir retenu l'attention des producteurs dans cette zone. Les évaluation devront se poursuivre les années suivantes en vue de se situer sur les variétés qui intéressent vraiment les producteurs afin de la production des semences de ces variétés.

*  Impact des nouvelles variétés de riz Nerica sur quelques ménages dans la préfecture d'Amou

Pour augmenter la production du riz dans la préfecture de l'Amou, les nouvelles variétés de riz Nerica ("New rice for Africa") ayant un potentiel de rendement élevé qui sont sélectionnées à l'ADRAO, avaient été introduites dans certaines zones de cette préfecture en 1998. Cinq années après cette introduction, la présente étude a été entreprise dans ces localités en vue d'évaluer l'impact de ces nouvelles variétés sur les ménages agricoles. L'objectif de l'étude était de faire ressortir comment ces variétés ont contribué à assurer la sécurité alimentaire au sein des ménages et à l'amélioration des revenus et au bien être des membres de ces ménages.

L'étude a été conduite à travers une enquête réalisée sur un échantillon de 29 producteurs de Nerica habitant les localités de Amlamé, Agadji et Oné, mais tous appartenant au groupement NEVAME. Les données ont été collectées à l'aide d'un guide d'entretien.

D'une manière générale, cette étude a révélé que, l'introduction des variétés Nerica a contribué à augmenter la production de riz et à améliorer le niveau de vie des producteurs dans l'Amou.

" Niveau de production : Le rendement moyen du riz au niveau des 29 producteurs enquêtés est de l'ordre de 1,6 tonnes paddy à l'hectare contre 900 à 1000 kg avant l'introduction des nouvelles variétés. En 2003 la production totale des personnes enquêtées a atteint 18 326 kg de riz paddy soit en moyenne 650 kg par personne. C'est ainsi que la plupart de ces producteurs ont pu dégager des surplus qu'ils ont vendus afin de se procurer d'autres biens.

" Amélioration du niveau de vie des producteurs de Nerica : Sur la base de la vente du riz paddy, la masse monétaire obtenue par 28 producteurs de Nerica pour la campagne 2001-2002 est de 1 768 500 FCFA pour un revenu brut moyen de 63 160 FCFA. Le revenu le plus élevé était de 210 000 FCFA et le plus faible de 5 000 FCFA. Ces gains financiers sont généralement réinvestis l'agriculture, payer les frais médicaux, assurer les autres besoins de famille ou apporter assistance à d'autres membres de la famille.

IGNAME

L'igname, Dioscorea spp. est une culture très importante au Togo. Plusieurs espèces d'igname (D. rotundata, D. cayennensis, D. alata, D. esculenta, D. dumetorum, D. bulbiféra) sont cultivées au Togo ; mais c'est le complexe D. cayennensis- rotundata qui est le plus répandu dans les exploitations. Les superficies cultivées en igname sont évaluées à plus de 60 000 ha par an. La production nationale est estimée chaque année à plus de 550 000 tonnes. Les rendements sont de l'ordre de 10 t/ha. Parmi les principales contraintes de production de l'igname on peut citer : le caractère itinérant de la culture, l'igname étant toujours cultivé sur défriche, la pauvreté des sols et l'utilisation prépondérante des variétés traditionnelles à faible rendement. C'est pourquoi en 2003, les recherches sur l'igname ont porté essentiellement sur l'amélioration variétale, l'amélioration des techniques culturales et le transfert de nouveaux matériels végétaux aux producteurs.

* Conservation des ressources génétiques de l'igname (Dioscorea spp)

Une partie de la collection nation des ressources de l'igname perdue en 2000 a été reconstituée. A moins de recourir à la conservation in vitro, la conservation des ressources de l'igname se fait généralement par régénération tous les ans. La collection en reconstitution compte actuellement 68 accessions qui ont été régénérées en 2003 à Kazaboua dans la préfecture de Sotouboua.

* Evaluation multilocale de nouveaux clones d'igname

Dans le cadre des échanges de matériel végétal entre l'ITRA et ses partenaires scientifiques, 28 clones améliorés d'igname (D.cayenensis-rotundata) sélectionnés à l'IITA ont été introduits au Togo en vue d'évaluer leur adaptabilité aux conditions locales de culture et de sélectionner les clones qui répondent bien aux goûts des producteurs et consommateurs togolais. Les essais ont été installés dans diverses localités (Kazaboua, Sotouboua et Adéta) des régions Centrale et des plateaux. Ces nouveaux clones ont été évalués en comparaison avec les clones locaux pour la résistance aux maladies et aux ravageurs, les performances agronomiques et les qualités organoleptiques.

A l'issue de l'étude, neuf clones (TDr 89/02475, TDr 95/18988, TDr 89/02665, TDr 96/00304, TDr 95/07425, TDr 95/18937, TDr 95/19158, TDr 95/19177 et TDr 89/02665) se sont révélés très productifs dans toutes les localités avec des rendements partout supérieurs (12 à 18 t/ha) à ceux des clones locaux (en moyenne 10 t/ha). Mais en tenant compte des autres critères de sélection (résistance aux maladies et qualités organoleptiques), seuls les clones TDr 89/02665, TDr 96/00304, TDr 89/02475, TDr 95/19158, TDr 95/19177 et TDr 89/02665 ont été retenus pour les tests variétaux en milieu paysan en 2004.

La pratique traditionnelle de la jachère naturelle de longue durée devient impossible du fait de la pression démographique sur les terres. Il s'avère donc nécessaire de recourir à de nouvelles techniques culturales visant une meilleure gestion de la fertilité des sols sous culture d'igname. C'est dans contexte que cette étude est menée en vue de déterminer dans quelles mesures, l'utilisation du Mucuna comme jachère améliorée peut permettre aux producteurs d'améliorer la fertilité des sols et le rendement de l'igname.

Les essais ont eu été réalisés en collaboration avec une trentaine de paysans dans la Région Centrale qui produit à elle seule près du tiers de la production nationale d'ignames. Le test consistait à comparer les rendements de l'igname plantée suivant quatre traitements (T) dans les conditions ci-après :

T1 : l'igname est plantée après un an de jachère naturelle ;

T2 : l'igname est plantée après deux ans de jachère naturelle ;

T3 : l'igname est plantée après cinq ans de jachère naturelle (pratique paysanne) ;

T4 : l'igname est plantée après un an de jachère améliorée de Mucuna ;

T5 : l'igname est plantée après deux ans Jachère améliorée de Mucuna.

Les résultats ont révélé que la durée de la jachère peut être ramenée de cinq à trois ans avec l'utilisation du Mucuna. La culture de l'igname étant essentiellement une culture itinérante, l'adoption par les paysans de cette technologie de jachère améliorée de Mucuna pourrait contribuerait à une meilleure gestion des ressources naturelles, les terres cultivables se faisant de plus en plus rares.

* Introduction et diffusion des meilleurs clones en milieu paysan

L'évaluation des clones sélectionnés introduits au Togo a permis de retenir les trois clones les plus performants en vue de leur transfert aux paysans. Ces trois clones (TDr 179, TDr 131 et TDr 747) ont été testés en vraie grandeur en milieu paysan dans certaines localités des préfectures de l' Est Mono et du Haho en vue de permettre aux paysans concernés d'apprécier leurs performances agronomiques. Au total 19 paysans producteurs d'ignames et volontaires ont été concernés dans les deux zones.

Des trois nouvelles variétés mies en essais, la variété améliorée TDr 747 a été bien appréciée pour sa bonne levée, son port végétatif, l'aspect de ses tubercules et sa productivité dans les deux localités. Les producteurs comparent cette variété à la variété locale Kratsi qui est l'une des plus prisées au Togo. Cette variété semble bien répondre à leur attente en ce qui concerne la productivité et l'aptitude au pilage.

* Evaluation de la technique de production de semenceaux d'igname

La technique améliorée de production de semenceaux d'igname par mini fragmentation a été initiée dans les années 1980 pour résoudre le problème de pénurie de matériel de plantation. ). Mais sa diffusion et son adoption ont été faibles (Ajayi, 2000). Parmi les causes qui expliquent ce phénomène on peut citer le nombre insuffisant d'agents de vulgarisation formés sur cette technique et l'absence et ou la non-organisation du marché du matériel de plantation. La présente étude a été menée en vue d'appréhender la réalité au Togo.

Au Togo, l'Institut national des plantes à tubercules avait organisé dans les années 80 des formations à l'intention des techniciens de la vulgarisation agricole dans toutes les directions régionales du développement rural du pays. Ces derniers avaient à leur tour formé des agriculteurs. Par la suite l'Institut national des cultures vivrières a poursuivi cette formation en 1997 et environ 280 paysans et 32 agents de vulgarisation ont été formés à cette technique. Il s'est agit, à travers cette étude, d'évaluer le niveau de connaissance et d'application actuelle de la technique en milieu réel et d'identifier les contraintes liées à son adoption.

Le choix des sites et des personnes à interroger pour la collecte des données a été guidé par la préoccupation qu'il faut interroger nécessairement des gens qui ont été formés à la technique, ou l'ont pratiqué ou la pratiquent ou la connaissent bien. En tout 30 responsables des services agricoles répartis sur le plan national ainsi que 40 techniciens agricoles et 90 paysans formés à la technique dans la préfecture du Haho ont été interrogés. Les données ont été collectées à l'aide de questionnaires.

Il ressort de l'étude que, entre 1980 et 2002, 1427 hommes et 513 femmes ont été formés à cette technique par l'INCV, l'ICAT, l'OIC, la DRAEP, et la SOTOCO. La formation a été reçue au cours des séminaires sur des parcelles de démonstration. Cependant, la plupart des personnes formées disent n'avoir appliquer la technique que une ou deux fois. Les causes de la non application continue de la technique sont, entre autres, le besoin complémentaire en main d'œuvre qu'exige la technique, l'insuffisance des pluies et la nécessité d'arrosage régulier de la pépinière, le manque de crédit et le problème du foncier.

Ainsi, les services techniques agricoles doivent pendant quelques années (2 à 3 ans) suivre et apporter un appui technique et ou financier aux producteurs qui pratiquent la technique. A cet effet, il faudra cibler les grandes zones de production d'igname où il y a pénurie de semences d'igname.

MANIOC

Le manioc, Manihot esculenta CRANTZ demeure une denrée alimentaire de base pour une grande partie des populations togolaises et africaines. Il est cultivé annuellement sur 90 000 à 100 000 ha et la production nationale est estimée à plus de 690 000 tonnes par an. Les rendements sont en général bas (inférieurs à 10 t/ha) en raison surtout de nombreuses contraintes liées à sa production. Parmi ces contraintes on peut citer prioritairement, l'utilisation des variétés traditionnelles à faible potentiel de rendement, la pauvreté des sols et l'action néfaste et conjuguée des maladies, des ravageurs et des adventistes. C'est en vue de trouver des solutions aux problèmes des maladies du manioc que la recherche s'est attelée en 2003 sur la conservation des ressources génétiques, la défense des cultures et le transfert de technologies.

Dans le souci de préserver les ressources génétiques du manioc, le Togo disposait en 1989 d'une collection nationale qui comptait 738 accessions. Aujourd'hui, cette collection ne compte plus que 193 accessions soit une perte de plus de 74 % des accessions. Cette grande perte est due surtout aux effets conjugués des nuisibles (maladies et des ravageurs). Parmi les maladies du manioc, la virose et la bactériose ont un effet destructeur pouvant supprimer facilement et définitivement plusieurs cultivars sensibles. C'est pour faire face à cette dégradation de la collection nationale qu'un programme de collecte, de sanitation et conservation des ressources génétiques a été entrepris. Les objectifs spécifiques visés sont :

- organiser une prospection dans tout le pays en vue de récupérer certaines variétés perdues et compléter ou enrichir la collection existante ;

- assainir, par la technique de thermothérapie, les principaux cultivars locaux de manioc et les préserver des attaques biotiques et abiotiques par la conservation in vitro ;

- assurer la disponibilité du matériel végétal sain en vue des utilisations présentes et futures par les producteurs.

* La prospection de collecte

Elle a été faite dans les régions Maritime, Plateaux , Centrale et Kara où la culture de manioc est pratiquée. Ces collectes ont permis d'enrichir la collection nationale de 169 nouvelles accessions dont 66 de la région Maritime, 71 de la région des Plateaux et 32 des régions Centrale et de la Kara. Ce qui porte l'ensemble de la collection à 362 accessions. Les accessions collectées ont été mises en conservation ex situ à la station de recherche de Davié à l'instar de la collection préexistante.

* La sanitation

Elle a porté sur 80 accessions de manioc issues de la collection nationale enrichie. La priorité de sanitation a été donnée aux accessions menacées de disparition à cause de leur sensibilité aux maladies et aux ravageurs. Les boutures des cultivars retenus ont été mises à germer dans une étuve à thermothérapie à 35-37°C et à saturation d'humidité de l'air pendant 3 à 4 semaines. Au bout de cette incubation plusieurs rejets ou jeunes rameaux se sont développés sur chaque bouture. Des méristèmes ont été prélevés en conditions stériles sur les apex de ces jeunes rameaux pour la culture in vitro. Les vitro-plants obtenus ont été répartis en deux lots. Le premier lot a été mis en collection en salle de culture et sera maintenu en croissance ralentie pendant 2 ans à la température de 24°C dans un milieu de culture approprié: c'est la collection in vitro. Ceux du second lot ont été repiqués sur milieu de croissance pour obtenir de nombreux vitro-plants qui seront ensuite sevrés, acclimatés puis contrôlés et mis en pots avant d'être transférés en station puis en champ.

Parmi les 80 accessions de la collection nationale ayant subi la thermothérapie suivie de la mise en culture in vitro de méristèmes, 46 accessions ont pu permettre d'obtenir au moins un vitro-plant.

* Défense des cultures

Les maladies et ravageurs du manioc figurent parmi les principales causes de baisse de rendement au Togo. Ces ennemis constituent également une cause essentielle de la perte de ressources génétiques dans nos pays. Dans le souci d'améliorer la productivité du manioc dans notre sous-région, l'IITA a entrepris depuis quelques années plusieurs activités de recherche sur cette culture en collaboration avec l'Institut togolais de recherche agronomique. Ces recherches qui s'inscrivent dans le cadre d'un programme de lutte biologique contre l'acarien vert du manioc Mononychellus tanajoa Bondar visent à identifier les variétés de manioc les plus productives, les moins affectées par les maladies et les ravageurs et les plus appréciées par les producteurs .

Les essais ont été conduits en milieu paysan dans plusieurs localités de la préfecture de Kloto. L'évaluation a porté sur huit variétés de manioc qui figurent parmi les plus cultivées au Togo à savoir : TMS 92/ 0326, TMS 92/0057, TMS 30572, Agric, Gbazékouté, Améyovi, Lagos et Cameroun. Les paramètres mesurés étaient les suivants :

- la population et les dégâts causés par l'acarien vert ;

- la population du prédateur de l'acarien vert Tylodromadus aripo Deleon et son taux de couverture ;

- l'abondance des autres ravageurs (Bemisia, mouche blanche et cochenille

farineuse) ;

- la sensibilité des variétés de manioc aux maladies virales et bactériennes;

- le taux de pourriture des racines ;

- dégâts occasionnés par les déprédateurs des stocks pour chaque variété.

A l'issue des différentes évaluations et analyses, les variétés TMS92/0326, Gbazekouté, Agric et TMS30572 ont été les plus productives. Les variétés Agric, Lagos et TMS92/0326 se sont révélées être les plus préférées du prédateur T. aripo car elles ont été les plus attaquées par l'acarien vert. Cependant ce sont ces variétés (Agric, Lagos et TMS92/0326) qui ont donné les meilleurs rendements. La productivité du manioc serait donc plus liée aux caractéristiques génétiques de la variété qu'aux attaques d'acarien vert dans la zone forestière du Togo. Ainsi, ces variétés les plus productives ont été identifiées comme étant les moins affectées par les maladies et les ravageurs. Elles sont donc plus indiquées pour être utilisées comme matériel végétal dans le cadre de la lutte biologique contre l'acarien vert.

En stockage sous forme de cossettes, la variété Gbazékouté a connu moins de dégâts des déprédateurs des stocks comparativement aux autres variétés. Cette même variété a été identifiée comme peu favorable au prédateur T. aripo. Elle a l'avantage de résister naturellement à l'acarien vert. Les variétés les plus intéressantes à retenir sont : Gbazekouté, Agric et TMS92/0326.

En perspective, une attention particulière devra être accordée à l'appréciation des caractéristiques organoleptiques des variétés par les producteurs, la surveillance plus stricte de la pourriture des racines et l'étude de l'effet des formes de cossettes (morceaux, lamelles ou bûchettes) sur leur infestation en stockage.

Pour lever les contraintes liées à la production agricole, plusieurs technologies sont transférées aux producteurs. L'évaluation de l'impact de ces nouvelles technologies s'avère souvent nécessaire en vue de permettre à la recherche, le cas échéant, de les réadapter ou de les améliorer.

Dans la production du manioc au Togo, la recherche a introduit depuis 1999 deux nouvelles variétés performantes (Gbazékouté et TMS 92/0326) auprès des paysans de la région Maritime.En vue d'évaluer l'état réel de diffusion de ces variétés et leur impact sur la production du manioc dans ces zones, une étude a été réalisée en 2003 dans ces milieux. Une enquête a été menée à travers toute la région chez 75 paysans producteurs de manioc.

Les résultats de l'étude ont révélé que :

" Les paysans obtiennent généralement le matériel de plantation par prélèvement dans les anciennes parcelles ou chez les voisins. La vente de tiges de manioc n'est pas encore ancrée dans les habitudes des populations ;

" Le choix des variétés à cultiver est guidé par le rendement, l'aptitude à la transformation (foufou et gari) et le cycle végétatif. Il existe souvent plusieurs variétés sur les parcelles chez un même producteur. Sur les 75 exploitations enquêtées, on a pu recenser en moyenne six variétés ; l'importance relative de ces variétés est présentée dans le tableau 9.

" Le niveau de diffusion des deux variétés introduites est appréciable ; tous les paysans qui ont reçu ces variétés les ont distribuées à leur tour à leurs voisins. Cependant la diffusion a été plus fructueuse dans la préfecture de Vo que dans les autres.

A ce stade, il est difficile d'avoir une idée exacte du niveau de diffusion des variétés introduites sur l'ensemble de la région. Pendant la phase d'introduction avec les essais adaptatifs, environ 115 paysans ont été touchés. A la phase de formation sur la technique de multiplication rapide, plus de 500 producteurs ont été touchés. Sur cette base, on estime aujourd'hui à près de 3000 producteurs le nombre de paysans qui disposerait de ces variétés surtout en ce qui concerne la variété Gbazékouté. Ces variétés, comme beaucoup d'autres nouvelles variétés vulgarisées ces dernières années, cohabitent étroitement avec les variétés traditionnelles pour lesquelles les populations de la région Maritime semblent marquer encore un grand attachement.

FRUITS

Les activités de l'ITRA sur les fruitiers ont porté essentiellement sur la collecte, le maintien et la multiplication de plants de différentes espèces fruitières. Actuellement, la collection d'espèces fruitières installée pour servir de parc à bois au Centre de recherche agronomique de la zone forestière se compose essentiellement de :

" neuf (09) variétés d'agrumes comprenant les Orangers (Citrus simensis), les Mandariniers (Citrus reticulata), les Pamplemoussier (Citrus paradisi) et les Limettier (Citrus aurantifolia) ;

" douze (12) variétés de manguiers (Mangifera indica): Smith, Eldon, Valencia, Somno, Davis, Gouverneur, Irwin, Palmer, Haden, Malula, Kent et Julie.

En vue de disposer de plants greffés à livrer aux planteurs en campagne 2004, il a été mis en terre au total 1858 porte-greffes dont 1050 de manguiers, 740 d'agrumes et 75 d'avocatiers. Le taux de réussite global est de 91%. Par ailleurs, 360 plants de citronniers ordinaires et 560 de goyaviers ont été également produits.

CULTURES DE RENTE

Les cultures de rente pratiquées au Togo (coton, café, cacao, etc.) contribuent pour 10 % au PIB Agricole (Banque Mondiale 1996, Sortir de la crise, sortir de la pauvreté ), Les cultures pérennes notamment le café et le cacao sont concentrées dans la zone forestière à l'Ouest de la région des Plateaux où elles occupent environ 85 000 ha. Quant au coton, sa culture connaît une expansion spectaculaire des superficies qui sont évaluées à environ 190 000 ha par an.

Les productions du café et du cacao se caractérisent par une diminution des tonnages consécutive à une baisse continue des rendements. Le rendement café qui avait atteint un maximum de 800 kg café marchand /ha en 1992 n'est plus que de 460 kg en 2003. Pour le cacao, le rendement est passé de 230 kg cacao marchand /ha en 1998 à 160 kg en 2003. Au niveau du coton qui est devenue la principale source de revenu monétaire des populations dans la plupart des régions, la production est de l'ordre de 160 000 tonnes par an. Cependant, les rendements restent encore inférieurs à une tonne à l'hectare.

Les principales causes liées aux faibles rendements de ces cultures sont :

" En caféiculture et cacaoculture : le vieillissement des vergers, la dégradation des conditions pédo-climatiques et surtout la pression parasitaire (scolytes des fruits et dépérissement nécrotique chez le caféier ; pourriture brune, swollen shoot et mirides chez le cacaoyer) ;

" En culture cotonnière : la pauvreté des sols, le faible potentiel de rendement des variétés, la pression des adventices et surtout la pression des maladies et ravageurs (Helicoverpa sp, pucerons, mouches blanches, etc.)

Face à ces contraintes majeures qui limitent grandement la production de ces cultures, les programmes de recherche visent essentiellement à :

- sauvegarder le patrimoine génétique des cultures et à sélectionner de nouveaux clones et variétés adaptés aux nouvelles conditions de culture ;

- renouveler les vergers par la technique d'écimage des vieilles caféières et de recépage des vieilles cacaoyères ;

- intensifier la lutte contre les principales maladies et insectes ;

- améliorer la fertilité des sols et les pratiques culturales pour une gestion durable des ressources.

COTON

Depuis une trentaine ans avec la création de la Société Togolaise du Coton (SOTOCO), le coton est devenu la culture de rente par excellence et la locomotive qui entraîne les principales cultures vivrières du Togo . La production nationale est passé de 5 000 tonnes en 1977/78 à 187 000 tonnes en 1998/99. Cette augmentation est due essentiellement à celle des superficies emblavées, à celle du nombre de producteurs (275 806 en 1998) et non à l'amélioration de la productivité. En vue de remédier à cette situation la recherche cotonnière, au cours de la campagne 2003/2004 a porté sur les principaux aspects suivants :

- L'amélioration variétale et la technologie cotonnière ;

- L'amélioration des techniques culturales ;

- La protection phytosanitaire du cotonnier ;

- L'agro-économie .

* Sélection des souches et des lignées de cotonnier

La sélection des souches et des lignées a été faite dans la population classique constituée des meilleures souches sélectionnées en 2002 (campagne 2002/2003). Cette population était composée de 44 lignées et de cinq témoins STAM279A.

Les lignées testées n'ont pas pu exprimer leur potentiel productif. Leurs performances agronomiques ont été très faibles avec un rendement annuel moyen de 382 kg/ha contre 1951 kg /ha en 2002.

Ces faibles performances peuvent être expliquées par les retards de mise en place et les difficultés d'entretien des essais en raison des problèmes financiers. Les 49 lignées seront reconduites la campagne 2004/2005 afin de mieux apprécier la cause réelle de la chute de la production.

*  Tests précoces de familles

Ces tests ont pour but de contrôler la stabilité des performances des lignées sélectionnées au sein des populations en vue d'éliminer précocement celles qui sont plus influencées par les facteurs environnementaux. Ces tests ont été réalisés dans deux essais : dans le premier essai 23 lignées sélectionnées dans la population classique ont été comparés à deux témoins cultivés alors que dans le second 8 lignées issues du premier essai de la campagne précédente ont été comparées au témoin STAM 279A.

En considérant les principaux critères de sélection, les lignées Q472-1 et Q551-11 ont amélioré sensiblement leur rendement par rapport à celui du témoin STAM279A de 11 à 20 %. Leurs rendements sont respectivement de 744 kg/ha et 686 kg/ha de coton graine. Dans le second test les lignées U333-3, S482-3 , S482-1, S489-4 et S515-14 14 se sont démarquées par une amélioration de production de 18 à 50 % par rapport à celle du témoin STAM279A (452 Kg/ha de coton graine) et ont affiché une bonne performance en rendement fibre net avec une amélioration de 3 points en moyenne par rapport au témoin. Ces lignées ont été retenues pour être intégrées dans les essais de 2004.

* Essais variétaux en milieu contrôlé

Dix variétés ont été comparées pour la seconde année aux témoins STAMF et STAM279A à la Station de Kolokopé et sur les Points d'Appui de Dapaong, de Kabou, de Dalanda, de Notsé et de Gboto-Kossidamè. La comparaison est basée sur les caractères suivants : le rendement en coton-graine, la précocité à la récolte, le poids moyen capsulaire, le rendement fibre à l'égrenage et le seed index (SI).

Les lignées S504-7 et P376-11 se sont révélées assez productives avec un gain de rendement de 5 à 6 % par rapport au témoin dont le rendement est de 1256 kg/ha.

*  Gestion des résidus de cotonnier

La pratique de brûlis de tiges de cotonnier en tas est le mode de gestion le plus couramment rencontré dans les exploitations. Dans certains milieux les résidus de récolte du coton sont exportés des parcelles pour servir de combustibles de cuisine. Ces pratiques ont pour conséquence, la perte des éléments nutritifs contenus dans ces résidus. Cette étude a été entreprise dans le souci de trouver une solution raisonnée à la gestion de ces résidus du cotonnier par enfouissement direct ou par compostage suivi d'épandage en vue d'améliorer la fertilité des sols dans un système de production à base de coton.

L'étude a été conduite sur les Points d'Appui de la Fosse aux Lions et de Dalanda .

Les résultats de l'expérience ont montré que quel que soit le mode de gestion des résidus (enfouissement direct ou compostage des tiges), il faut y associer de la fertilisation chimique pour espérer de bons rendements. L'engrais chimique, tous les traitements confondus, a permis de doubler les rendements en coton-graine dans les deux localités Les rendements des objets sans engrais sont de 877 kg/ha à la Fosse aux Lions, 663 kg/ha à Dalanda. Les objets avec engrais ont donné des rendements de 1 370 kg/ha à la Fosse aux Lions et 1 208 kg/ha de coton graine à Dalanda.

*  Etude de l'arrière - effet de la fumure organique

L'étude a pour objet d'évaluer l'effet résiduaire de la fumure organique, deux années après son épandage. Deux sources de fumure organique ont été utilisées à savoir le fumier de ferme (excréments ovins) et le compost (tiges et capsules sèches du cotonnier décomposées + la bouse bovine). Au total 7 traitements ont été testés sur des parcelles élémentaires de 32 m² (10 m x 0.8 m) sur les Points d'Appui de la Fosse aux Lions, de Dalanda et de Gboto.

Traitements :

T1= Engrais chimique vulgarisé

T2= T1 + 3 tonnes/ha de fumier

T3= T1 + 6 tonnes/ha de fumier

T4= 6 tonnes/ha de fumier + 50 kg/ha d'urée

T5= 6 tonnes/ha de fumier

T6= 6 tonnes/ha de fumier + 3 tonnes/ha de compost

T7= 6 tonnes/ha de fumier + 6 tonnes/ha de compost

L'analyse des résultats a montré que l'effet résiduaire de la fumure organique sur le rendement n'était pas significatif. Cependant, l'efficacité du fumier semble être renforcé par l'apport des engrais chimiques (tableau 10)

*  Etude des dates de semis x doses d'engrais

L'efficience des engrais que l'on apporte à une culture dépend de la disponibilité en eau pour la plante au moment de l'assimilation des éléments nutritifs. Ainsi, l'agriculture togolaise étant essentiellement pluviale, les dates de semis (en début, en milieu ou plus tard) sont déterminantes pour permettre à une culture de disposer de plus ou moins d'eau pour accomplir son cycle. Cette étude a été entreprise en vue de déterminer les dates optimales de semis pour recommander, en fonction de la disponibilité potentielle en eau pour le cotonnier, des doses d'engrais à apporter pour optimiser l'utilisation des engrais.

Cette étude a été conduite sur les Points d'Appui de la Fosse aux Lions , de Kabou, de Dalanda et de Gboto.

L'analyse des résultats a révélé que :

- les semis tardifs ont entraîné la chute des rendements quelle que soit la dose d'engrais et la meilleure date de semis pour la campagne s'est située la D1 et D2 pour la zone Nord et entre la D2 et D3 pour la zone Sud (tableau 12) ;

- l'augmentation des doses d'engrais a entraîné celle de rendements en coton-graine sur tous les sites.

*  Etudes des densités de semis du cotonnier

La baisse progressive des rendements dans la plupart des zones de production du coton, malgré l'ajustement en hausse des doses d'engrais suscite beaucoup d'hypothèses sur la fiabilité des densités de semis recommandées. Cette étude vise à déterminer l'incidence de différentes densités de semis du cotonnier sur le rendement.

Les sites d'expérimentation sont la Fosse aux Lions, Dalanda, Elavagnon et de Gboto. Les différentes densités de semis testées se présentent comme suit :

D1 = 0.30 m X 0.80 m à 1et 2 plants par poquet

D2 = 0.25 m X 0.80 m à 1et 2 plants par poquet

D3 = 0.50 m X 0.80 m à 1et 2 plants par poquet

D4 = 0.75 m X 0.80 m à 1et 2 plants par poquet

D5 = 1.00 m X 0.80 m à 1et 2 plants par poquet

Les résultats de ce test révèlent que les densités de D1 (0,80 m x 0,30 m à 1 plant/poquet) et D2 (0,80 m x 25 m à 1 plant/poquet) ont donné les meilleurs rendements dans les deux zones Nord et Sud.

Les travaux de protection phytosanitaire porte sur les essais d'herbicides et l'entomologie.

*  Essais d'herbicides

Les essais de lutte contre les adventices ont porté essentiellement sur l'étude de l'efficacité et de la sélectivité des herbicides.

- Efficacité des herbicides de pré - levée

Les herbicides de prélevée sont testés en post-semis, en pré - levée de la culture et des adventices. Ils sont épandus sur sol propre. Les objectifs poursuivis sont de :

- Déterminer l'efficacité globale des nouveaux herbicides ;

- Déterminer l'efficacité spécifique des herbicides sur les principales adventices ;

- Inventorier les principales adventices rencontrées dans les essais.

Les tests ont été réalisés sur les Points d'Appui de la Fosse aux Lions (sol ferrugineux tropical) où la flore adventice est dominée par les graminées, de Kabou (sol ferrugineux tropical), de Gboto (Terres de Barre non dégradées) où les principales adventices sont les dicotylédones et sur la Station de Kolokopé (sol ferrugineux tropical et vertisol).

Les herbicides suivants ont été testés pour leur efficacité en pré - levée :

- Codal Gold 412.5 EC à 3.5l/ha ;

- Dual Gold 960 EC à 0.8l/ha ;

- Gesagard 500 FW à 3l/ha ;

- Fluorone P à 4l/ha (herbicide de référence)

- Tempra 90WG à 810g/ha a été comparé à Action 80 DF à 800g/ha.

Chaque herbicide a été testé à trois doses :

3/4 de D ;  D = dose recommandée par le fabricant ;  3/2 de D.

Des symptômes de phytotoxicité de l'herbicide Tempra ont été observés sur les feuilles cotylédonaires notamment dans les sols sablonneux. Mais ces symptômes ont disparu avant le 40ème jour après semis. Les doses de 810 g/ha et de 1215 g/ha de matière active soit respectivement 0.9 kg/ha et 1.35 kg/ha du produit commercial ont permis de protéger le cotonnier jusqu'à 45 jours. Sur les sols sablonneux, la dose 630g/ha de matière active soit 0.7 kg/ha du produit commercial est plus recommandée. L'influence du produit sur la croissance et sur le rendement du cotonnier a été faible. Le produit peut être utilisé comme herbicide de pré - levée en culture cotonnière pour lutter contre les adventices. Les autres herbicides (Codal, Gold, Dual Gold et Gésagard) se sont révélés efficaces sur les principales adventices des milieux concernés.

-Sélectivité des herbicides

Cette étude vise à déterminer le degré de phytotoxicité des herbicides testés sur la culture et l'influence des produits sur les rendements de la plante. Les herbicides sont testés en pré - levée de la culture et des adventices. Les sites de l'étude sont le Point d'appui de la Fosse aux Lions sur sols ferrugineux tropicaux, le Point d'Appui de Notsé sur sols bruns ferrugineux tropicaux, le Point d'Appui de Gboto sur Terres de Barres et la Station de Kolokopé sur sols ferrugineux tropicaux.

Les produits étudiés sont Codal Gold 412.5 EC à 3.5l/ha ; Dual Gold 960 EC à 0.8l/ha ; Gesagard 500 FW à 3l/ha ;et Tempra à 0.9kg/ha.

Les herbicides ont été testés en trois doses :

2. D1 = dose recommandée par le fabricant

3. D2 = D1x2 ;

4. D3 = D1x3.

Les herbicides testés à des doses croissantes ont eu un effet dépressif sur la germination et sur les rendements du cotonnier. Pour lutter contre les mauvaises herbes en culture cotonnière, les doses proposées par le fabricant peuvent être utilisées comme suit :

- Gesagard à la dose de 3 l/ha dans les zones à dominance de latifoliées ;

- Dual Gold à la dose de 0.8 à 1l/ha dans les zones à dominance de graminées ;

- Codal Gold à la dose de 3.5 à 4l/ha dans les zones à dominance de latifoliées et de graminées.

* Essais d'Entomologie

-Essai à trois niveaux de protection

L'objectif de l'essai est de connaître le faciès parasitaire régional, d'évaluer quantitativement et qualitativement les dégâts des ravageurs dans chaque région et de déterminer l'efficacité du programme de protection insecticide préconisé à la vulgarisation.

L'essai a été conduit à la station de Kolokopé et sur les points d'appui de Dapaong, de Kabou, de Dalanda, de Notsé et de Gboto. Trois objets ont été comparés à savoir le témoin non traité, le programme de protection vulgarisé et un programme de traitement poussé.

Au cours de la campagne 2003/2004 on a observé des niveaux d'infestation très diversifiés des principaux ravageurs :

- La chenille H. armigera Hübner a été discrète tout au long de la campagne à Kabou, à Dalanda et à Gboto. Sur la Station et Notsé, l'infestation a été très faible. Par contre, elle a été relativement élevée à Dapaong .

- Diparopsis watersi a été présent sur tous les points d'essais à l'exception de la Station. Le niveau de population est resté cependant faible. Le ravageur a été plus observé à Dapaong.

- Earias spp a été observé avec un niveau relativement bas sur tous les points d'essais sauf à Kabou où il a été absent au cours de la campagne.

- Hormis Dapaong qui a connu une très faible infestation de Spodoptera littoralis Boisduval, ce ravageur est demeuré discret sur la Station et sur tous les autres P.A

- A l'exception de Dapaong où Cryptophlebia leucotreta Meyrick est resté absent durant la campagne, ce ravageur a été observé sur les autres PA et à la Station. Le niveau de population de chenilles à l'are a été relativement plus important sur la Station et à Gboto.

- Pectinophora gossypiella Saunders a été également absent à Dapaong. Il a été cependant observé sur les autres PA et sur la Station avec des infestations plus importantes à Dalanda, Notsé et Gboto.

- L'acarien Polyphagotarsonemus latus Banks a été discret dans toutes les régions à l'exception des régions Centrale et Maritime où de faibles niveaux d'infestation ont été observés.

- A l'exception de Kabou où le niveau d'infestation est resté faible, les autres sites ont enregistré tout au long du cycle du développement du cotonnier de fortes infestations du puceron Aphis gossypii Glover.

- La chenille phyllophage Syllepte derogata Saunders a été observée à Dalanda, Kabou, Station et Notsé. Les niveaux de population de ce ravageur on été particulièrement élevés à partir du mois d'août à Gboto et à Dapaong.

- les autres ravageurs (Bemisia tabaci, Dysdercus spp, jassides) ont été présents mais sans avoir d'incidence sur la production.

-Incidence des ravageurs sur les rendements

Les rendements moyens de coton graine des parcelles à trois niveaux de protection mises en place sur Station et sur cinq Points d'Essai sont enregistrés dans le tableau suivant. Les pertes de récolte sont calculées entre le témoin non traité et la protection poussée. Elles ont été fortes à Dapaong, Kabou, Dalanda, sur la Station, et à Notsé et faibles à Gboto. Pour tout le pays, les pertes de récolte se chiffrent en moyenne à 60,5 % en 2003 contre 61,3 % en 2002.

L'objectif est d'identifier les matières actives ou associations de matières actives les plus efficaces pour la protection de la culture cotonnière et de comparer les formulations possédant des qualités reconnues et susceptibles d'être vulgarisées.

* Essai des Associations de binaires aphicides vulgarisables

L'essai a pour objet d'évaluer l'efficacité de quelques binaires aphicides dans le contrôle du puceron A. gossypii et des chenilles carpophages. Il a été conduit à la Station de Kolokopé et sur quatre P.A. à savoir Dapaong, Kabou, Notsé et Gboto. Les produits binaires comparés sont consignés dans le tableau 17. Le programme de traitement a été de 5 applications à Dapaong et Kabou et de 6 applications à la Station, à Notsé et à Gboto à intervalles de 14 jours à partir du 50e jour après le semis.

A Dapaong :  Tous les produits expérimentés se sont démarqués du témoin non traité pour le contrôle de A. gossypii.

A Notsé :  Tous les produits expérimentés ont assuré un meilleur contrôle du puceron A. gossypii par rapport au non traité au seuil de 1 %. Ils se sont également démarqués du témoin non traité du point de vue des analyses sanitaires en vert et à maturité et du rendement en coton - graine. Toutefois, il convient de signaler que la dose de 16/21 g/ha de ENGEO 247 EC est insuffisante par rapport à la dose 21//28 g/ha qui est restée toujours équivalente aux autres produits à toutes les analyses.

A Kabou :  L'efficacité aphicide des produits a été masquée par la faible infestation du puceron A. gossypii. Aux analyses sanitaires en vert et à maturité, les différents produits ont été équivalents entre eux mais se sont cependant démarqués du témoin non traité au seuil 1 %. L'analyse du rendement coton - graine a montré que les produits CONQUEST C 176 EC et GAZELLE C 88 EC ont été plus performants que le produit CAPT 88 EC au seuil de 1%.

A Gboto :   L'infestation de A. gossypii a été également très faible au cours de la campagne. Les résultats de l'analyse sanitaire en vert et à maturité ont montré une équivalence entre les produits aux pourcentages de capsules saines, de capsules percées et de capsules piquées et pour le contrôle de P. gossypiella, de C. leucotreta au seuil de 1 %. Tous ces produits se sont démarqués du témoin non traité. L'analyse du rendement coton graine n'a dégagé aucune différence significative.

* Essai des Associations d'acaricides et de ternaires vulgarisables

Cet essai vise à apprécier les performances de quelques associations binaires et ternaires pour le contrôle des chenilles carpophages et de l'acarien P. latus dans les zones Centre et Sud. Il a été conduit sur les P.A. de Dalanda (Région Centrale), de Notsé (Région des plateaux-Sud) et de Gboto (Région Maritime). Les objets comparés sont consignés dans le tableau 18 . Le programme de traitement a été de 6 applications à 14 jours d'intervalles à partir du 50e jour après le semis.

A Dalanda :  L'acarien P. latus est resté discret. Les résultats de l'analyse sanitaire en vert ont montré une équivalence des produits. Mais tous les produits se sont démarqués du témoin au seuil de 1 %.

Toutefois, le produit 030411 s'est mis en retrait par rapport au produit TORPEDO C 268 EC. A l'analyse sanitaire à maturité, seul le produit DURSBAN B 318 EC est resté statistiquement identique au non traité pour le pourcentage de capsules percées au seuil de 1 %. Pour les autre paramètres (% de capsules saines et rendement coton graine), tous les produits se sont démarqués du témoin non traité au seuil de 1 %. Cependant le produit 030411 a été moins performant que DURSBAN B 318 EC au rendement coton - graine au seuil de 1%.

A Notsé :  L'acarien P. latus a été également discret. Pour le contrôle du puceron A. gossypii, le ternaire GAZELLE PLUS 388 EC s'est démarqué des produits binaires au seuil de 1 %. Les résultats des analyses sanitaires en vert et à maturité ont révélé que tous les produits expérimentés sont restés équivalents. L'analyse du rendement coton - graine n'a pas dégagé de différences significatives entre les objets.

A Gboto :  Les résultats de l'analyse sanitaire en vert ont révélé une meilleure efficacité des produits binaires TORPEDO C 268, ROCKY C 536 et du ternaire GAZELLE PLUS 388 par rapport au binaire 030411 en pourcentage de capsules saines par rapport au témoin non traité. En ce qui concerne le pourcentage de capsules percées, le produit 030411 est resté équivalent aux produits DURSBAN B 318 EC, ROCKY C 536 EC et à l'objet non traité au seuil de 1 %. Pour le contrôle des chenilles endocarpiques, le binaire ROCKY C 536 EC et le ternaire GAZELLE PLUS 388 se sont mieux comportés que les autres produits. A l'analyse sanitaire à maturité, tous les produits se sont distingués du non traité au seuil de 1 %. Toutefois, le produit TORPEDO C 268 EC s'est démarqué de ROCKY C 536 EC et 030411 au pourcentage de capsules percées. Tous les produits sont restés équivalents entre eux à l'analyse du rendement coton - graine en se démarquant du non traité au seuil de 1 %.

*  Essai Associations acaricides à dose réduite de produits Organophosphorés

Il s'agit d'apprécier les performances de quelques associations de pyréthrinoïdes et d'organophosphorés acaricides à dose réduite pour le contrôle de S. derogata et des chenilles carpophages dans la zone Nord. L'essai a été conduit sur le P.A. de la Fosse aux Lions. Le programme de traitement est de 5 applications à 14 jours d'intervalles à partir du 50e jour après le semis. Les objets comparés sont consignés dans le tableau 19.

La pression des chenilles exocarpiques est restée faible au cours de cette campagne à Dapaong et aucune différence significative n'a été observée entre les produits testés et le témoin en ce qui concerne le nombre total de ces chenilles à l'are. Par contre pour le contrôle du puceron A. gossypii et du phyllophage S. derogata, le témoin a été mis en retrait par tous les produits testés dont l'efficacité pour le contrôle de ces ravageurs était équivalente. De même, l'analyse sanitaire à maturité et le rendement en coton - graine ont révélé que les différents produits s'étaient nettement distingués de l'objet non traité au seuil de 1 % mais sont restés équivalents entre eux.

*  Essai efficacité des différents produits alternatifs sur le complexe de ravageurs

L'essai a pour objectif de comparer l'efficacité de différentes matières actives alternatives aux pyréthrinoïdes sur le complexe de ravageurs en particulier les chenilles carpophages (H. armigera, Diparopsis watersi, Earias spp, C. leucotreta et P. gossypiella) dans l'optique de permettre une bonne succession de ces matières actives dans les programmes de protection élaborés pour gérer la résistance de H. armigera aux pyréthrinoïdes.

La pression des chenilles carpophages, phyllophages et des piqueurs suceurs est demeurée faible toute la campagne. Tous les produits ont permis un bon contrôle de

S. derogata au seuil de 1 %. Cependant, endosulfan 700 g/ha s'est mieux comporté en se démarquant de spinosad à 36 g/ha. Indoxacarb à 25 g/ha, spinosad à 36 g/ha et chorfluazuron 25 g/ha n'ont pas eu d'effet sur le puceron. A l'anlyse sanitaire en vert et à la récolte, il n'y a pas eu de différences significatives entre tous les produits et le témoin non traité. A l'analyse sanitaire à maturité, indoxacarb et chorfluazuron sont restés en retrait par rapport à lambdacyhalothrine/profénofos 15/300 g/ha et à endosulfan 700 g/ha au seuil de 1 %.

*  Prévention et gestion de la résistance de H. armigera aux pyréthrinoïdes

Programme à deux fenêtres

Le programme consiste à tester en milieu contrôlé, des programmes de protection dans lesquels les deux premiers traitements calendaires (1ère fenêtre) sont réalisés avec des matières actives appartenant à des familles chimiques autres que les pyréthrinoïdes et l'endosulfan, mais efficaces sur H. armigera. Les tests ont été réalisés sur les Points d'Appui de la Fosses aux Lions et de Kabou . Les objets comparés sont consignés dans le tableau 21. Le programme de traitement comprend 5 applications à 14 jours d'intervalles à partir du 50e jour après le semis. Les deux premiers traitements sont réalisés avec les produits du protocole. Les trois derniers sont réalisés avec le binaire CONQUEST C 176 EC (cyperméthrine/acétamiprid 36/8 g/ha) à 0,25 l/ha.

A Dapaong :  L'infestation de H. armigera est restée faible au cours de la campagne et aucune différence significative ne s'est dégagée entre les produits et le témoin non traité pour le contrôle de ce ravageur. Par contre pour le contrôle de l'ensemble des chenilles exocarpiques, AVAUNT 150 SC et LASER 480 SC ont mis en retrait le témoin non traité au seuil de 5 %. A l'analyse sanitaire à maturité des capsules saines, les produits PHASER ULTRACAPS et LASER 480 SC se sont démarqués de l'objet non traité au seuil de 5 %. A l'analyse du rendement de coton - graine, tous les produits ont mis le non traité en retrait au seuil de 1%.

A Kabou :  Les chenilles exocarpiques ont été discrètes toute la campagne. A l'analyse sanitaire en vert (% de capsules saines, % de capsules piquées et contrôle des chenilles endocarpiques), les produits se sont révélés statistiquement équivalents entre eux mais se sont distingués de l'objet non traité au seuil de 1 %. L'analyse sanitaire à maturité a montré que les produits ont permis d'augmenter le pourcentage de capsules saines et de réduire celui des capsules percées.

Programme à trois fenêtres

Ce programme a pour objet de tester en milieu contrôlé, des programmes de protection sur calendrier dans lesquels les deux premiers traitements (1ère fenêtre) sont à base de l'endosulfan, le 3e et 4e traitements (2e fenêtre) sont réalisés avec des binaires pyréthrinoïdes/organophosphorés et les deux derniers traitements ( 3e fenêtre) sont réalisés avec des matières actives appartenant à des familles chimiques autres que les pyréthrinoïdes et l'endosulfan, mais efficaces sur H. armigera. Les tests ont été réalisés sur les P.A. de Dalanda, de Notsé et de Gboto. Quatre programmes ont été comparés à un témoin non traité (tableau 22). Les programmes de traitement ont été réalisés en trois fenêtres de 2 applications chacune soit au total 6 applications à 14 jours d'intervalles à partir du 50e jour après semis.

Au cours de la campagne, l'infestation des chenilles exocarpiques a été faible sur tous les Points d'Appui. Ainsi :

- L'analyse sanitaire en vert a montré que les programmes comparés ont mis en retrait le témoin non traité mais ont été équivalents entre eux à Dalanda et à Notsé ; par contre à Gboto, les programmes B et D ont été plus efficaces pour le contrôle de P. gossypiella

- L'analyse sanitaire à maturité a révélé que les programmes testés étaient équivalents entre eux à Dalanda mais à Notsé et à Gboto, les programmes B et D se sont révélés plus efficaces que le programme E qui est resté équivalent au témoin.

- A la récolte, ces programmes de protection ont permis d'améliorer le rendement de coton - graine et la qualité de la fibre par rapport au témoin au seuil de 1 % sur tous les sites

Le programme vise à comparer en milieu contrôlé, les programmes de protection en ciblant les périodes de fortes infestations de la chenille H. armigera. Il a été réalisé sur les P.A. de la Fosse aux Lions (Savanes) et de Dalanda (Centrale).

L'infestation de chenilles exocarpiques est restée faible sur les deux sites et aucune différence significative ne s'est dégagée entre les différents traitements. Aux analyses sanitaires en vert et à maturité, tous les programmes de protection sont restés statistiquement équivalents. Ils ont amélioré très significativement le rendement coton graine et la qualité de la fibre par rapport au témoin non traité. Néanmoins, les programmes qui ont reçu le LASER 480 SC à la 1ère ou à la 2e fenêtre se sont mis en retrait par rapport au programme de protection vulgarisé au seuil de 1 %.

" Essai efficacité du mélange extemporané XDE 225 et CPE 4E

Cet essai a pour objectif d'évaluer, dans un programme fenêtre, l'efficacité biologique des mélanges extemporanés des produits XDE 225 et CPE 4E sur les chenilles carpophages, l'acarien P. latus et sur le phyllophage S. derogata. Il a été réalisé à la Station de Kolocopé et sur les P.A. de Kabou et de Gboto. Trois objets ont été comparés à un témoin non traité. (tableau 24).

A Kabou, le DURSBAN 480 EC (chlorpyriphos-éthyl) est à 150 g/ha. Les produits CURACRON K 165 EC (lambdacyhalothrine/profénofos 15/150g/ha) et DURSBAN B 168 SC cyfluthrine/chlorpyriphos-éthyl 18/150 g/ha ont été utilisés en remplacement de CURACRON K 315 EC lambdacyhalothrine/ profénofos 15/300 et de DURSBAN 318 EC cyfluthrine/chlorpyriphos-éthyl 18/300.

A Kabou et sur la Station, l'infestation des chenilles exocarpiques a été très faible et l'analyse n'a donné aucune différence significative. Aux analyses sanitaire en vert et à maturité et au rendement coton graine, l'association extemporanée de XDE 225 EC et DURSBAN 480 EC, tout en étant plus efficace que le témoin, est restée statistiquement équivalente aux autres produits.

A Gboto, il n'y pas eu de différences significatives entre les objets pour le contrôle des chenilles endocarpiques. L'analyse du nombre total de chenilles exocarpiques à l'are a montré que l'association extemporanée XDE 225 + DURSBAN 480 EC à 7 g/ha + 300 g/ha et le produit CURACRON K 315 EC se sont dégagés du produit DURSBAN 318 EC au seuil de 5 %. Aux analyses sanitaires en vert et à maturité, tous les produits comparés sont demeurés équivalents entre eux mais ont mis le non traité en retrait au seuil de 1 %. Aucune différence statistique n'a été observée à l'analyse du rendement coton - graine.

* Essai de traitement de semences classiques

L'essai vise à identifier les matières actives efficaces pour le contrôle des ravageurs et maladies du sol susceptibles de compromettre la bonne levée des semences et le bon développement des plantules. Il a été conduit sur la Station et sur le P.A. de Gboto. Quatre différents produits ont été utilisés pour traiter les semences (tableau suivant). Sur la Station, le semis est effectué avec 2 graines par poquet et sans ressemis et sans démariage. A Gboto, le semis est effectué avec 5 graines par poquet et sans ressemis. Le démariage à 1 plant par poquet est effectué au 20e jour après semis après le dernier comptage de plants levés.

Le comptage du nombre de poquets levés et de plantules levées aux différentes dates de développement a révélé qu'il n'y a pas eu de différence significative entre les différents objets comparés sur la station. Par contre sur le site de Gboto, le produit CRUISER 350 FS s'est révélé plus efficace par rapport aux autres produits. En ce qui concerne le nombre de plants attaqués par le puceron A. gossypii, tous les produits ont présenté une bonne efficacité au seuil de 1 % jusqu'au 30e jour après semis (JAS). A la récolte, il n'y a pas eu de différences significatives de rendement coton - graine entre les produits comparés et le témoin non traité.

*  Essais variétaux en milieu réel

Il s'agit de comparer dans différentes conditions environnementales et dans des conditions de technicités variées des paysans, deux nouvelles variétés de cotonnier (STAM190 et STAM129A) à la variété vulgarisée STAM279A. L'essai a été implanté sur 2 à 10 sites par région dans toutes les six régions cotonnières du Togo (Savanes, Kara, Centrale, Plateaux - Nord, Plateaux - Sud et Maritime).

Dans l'ensemble, les trois variétés testées ont réagi différemment suivant l'environnement. Cet environnement a été défini dans notre contexte expérimental par le milieu physique (sol, flore, faune etc), le climat (pluie, température etc) et le niveau de technicité des producteurs.

Le rendement moyen de coton - graine obtenu (1 143 kg/ha) est faible. Ceci peut être dû à la mauvaise application en milieu paysan du paquet technologique recommandé en matière de la production cotonnière (date de semis, contrôle des adventices, la fumure, la protection insecticide, la récolte à la bonne date, etc).

La variété STAM190 s'est montrée, contrairement aux deux campagnes précédentes, plus productives que le témoin STAM279A et la variété STAM129A. Ces deux variétés ont donné des rendements équivalents. En rendement de fibre à l'égrenage, cette variété STAM190 a confirmé ses performances précédentes en améliorant de plus de 2 points le rendement fibre net de la variété STAM129A et du témoin STAM279A.

Par ailleurs cette nouvelle variété STAM190 s'est montrée plus performante dans toutes les conditions de production. La moyenne des rendements pour cette variété est de 1 185 kg/ha de coton - graine. Dans les conditions défavorables, elle s'est révélée avec la STAM129A plus rustique que le témoin.

*  Prévulgarisation insecticide

La prévulgarisation de deux produits de traitement de semences, de six formulations insecticides, d'un produit défoliant (DEFCAL 32 EC) et d'un produit régulateur de croissance des cotonniers (CALIX 50 EC) a été réalisée en milieu paysan. Suite au bon comportement de ces formulations, les huit produits prévulgarisés peuvent être recommandés en 2004 pour la culture cotonnière (tableau 26).

*  Prévention et gestion de la résistance de H. armigera aux pyréthrinoïdes

" Programme à deux fenêtres.

Quatre essais ont été réalisés dont deux avec le produit LASER 480 SC (spinosad à 48 g/ha) et deux avec le produit CALFOS 720 EC (profénofos 720 g/ha) en comparaison avec les produits vulgarisés au 1er et 2e traitements. Les données ont été collectées dans deux localités (Koumongougan dans la région des Savanes et Rodokpé dans la région des Plateaux). A Koumongougan, le profénofos 720 g/ha s'est démarqué de l'endosulfan. A Rodokpé, il n'y a pas eu de différences significatives entre le LASER 480 SC et le produit vulgarisé.

" Programme à trois fenêtres.

L'essai a été conduit dans 4 localités ; seules les données de 2 localités (Korbongou dans la région des Savanes et Avédjé dans la région Maritime) ont été collectées. A Avédjé, le programme qui a reçu CALFOS 720 EC (le profénofos 720 g/ha) à la troisième fenêtre (5è et 6è traitements) a assuré un meilleur contrôle de Earias spp au seuil de 1% par rapport au programme vulgarisé. Dans les deux localités, l'application du profénofos 720 g/ha à la 3e fenêtre a très significativement augmenté le rendement des parcelles.

Au cours de la campagne 2003 - 2004, les travaux de recherche du programme DARS - Plateaux de l'ITRA/CRA-SH ont été axés autour d'un suivi des exploitations agricoles dans les zones cotonnières du Togo. Les activités visent une meilleure compréhension du fonctionnement des exploitations agricoles dans les zones cotonnières en vue de suivre l'application des innovations vulgarisées par les sociétés de développement, notamment la SOTOCO, par les producteurs, d'identifier les contraintes liées à l'adoption des innovations recommandées, de contribuer à la définition de nouveaux thèmes de recherche prenant en compte les réalités paysannes.

La méthodologie de recherche est une étude de cas pluriannuelle qui consiste à suivre les pratiques paysannes dans 4 villages et auprès d'un échantillon de 20 exploitations agricoles par village. Dans chaque village, les travaux réalisés ont porté sur le relevé pluviométrique qui est effectué quotidiennement, le suivi des parcelles et sur la structure des 20 exploitations suivies.

L'étude a permis d'enregistrer les hauteurs de pluies tombées au cours de l'année ainsi que la répartition décadaire de la pluviométrie, la structure et le fonctionnement des exploitations suivies ainsi que les itinéraires techniques pratiquées par les producteurs.

Le relevé pluviométrique a montré que dans 3 villages sur 4, l'année 2003 a été globalement plus arrosée que la campagne précédente. D'une façon générale, la campagne agricole 2003 - 2004 a connu un démarrage à temps des pluies.

* Structure et fonctionnement des exploitations

La population des exploitations

La population totale moyenne par exploitation en 2003 est en nombre croissant du Sud au Nord du Pays. L'âge moyen des chefs d'exploitation est également variable et croît du Sud au Nord. Par ailleurs, plus l'âge du chef d'exploitation est avancé, plus la population de l'exploitation est élevée .

Les productions animales

Les résultats en 2003 sont similaires à ceux observés en 2002. Les exploitations du Nord élèvent plus d'animaux que celles du Sud.

La production végétale

Presque toutes les exploitations s'intéressent à la culture du coton qui est à ce jour la seule culture de rente pour la plupart des exploitations togolaises.

En même temps que les exploitations produisent du coton-graine pour avoir de l'argent, elles produisent également des cultures vivrières principalement pour leur subsistance.

Le suivi des parcelles

Le phénomène de sous déclaration de surfaces cotonnières a été observé et signalé depuis plus d'une décennie au Togo. Cette année encore, environ 41 % des surfaces cotonnières ont été cachées à la SOTOCO (tableau 31). Ce phénomène a des conséquences graves notamment les engrais sont sous-dosés entraînant des baisses de fertilité des sols, les rendements coton-graine sont surestimés rendant difficiles les prévisions de production.

La SOTOCO interdit toute association du cotonnier à d'autres cultures à l'exception de la culture en relais mais - coton autorisée dans la zone de pluviométrie bimodale. En dépit de cette interdiction, beaucoup de producteurs pratiquent l'association du coton avec d'autres cultures.

Les cultures couramment associées avec le coton sont les légumineuses (niébé et soja). Mais on observe ces derniers temps l'utilisation des céréales (sorgho et maïs) dans l'association avec le coton. Les pratiques paysannes sont encore loin des itinéraires techniques recommandés par la vulgarisation. Si les dates de semis sont respectées dans la majorité des cas, les premiers sarclages ont connu un retard important sur la plupart des exploitations ; les périodes d'épandage et les doses d'engrais et d'insecticide ne sont pas respectées par la majorité des paysans.

Ces résultats montrent que la structure des exploitations présente des caractéristiques similaires à celles observées en 2002. La population moyenne par exploitation est plus importante dans la zone Nord que dans la zone Sud. Les chefs d'exploitations sont de plus en plus jeunes indiquant que les jeunes prennent plus précocement leur indépendance vis-à-vis de leurs pères. Les chefs d'exploitations sont plus jeunes dans le Sud que dans le Nord.

L'élevage reste plus développé dans le Nord que dans le Sud. On note un engouement certain pour la culture du coton, principale culture de rente. Mais la majorité des producteurs ne respecte pas le paquet technologique recommandé. Ceci indique qu'un travail de vulgarisation et de sensibilisation reste à faire.

CAFE ET CACAO

La production cacaoyère togolaise connaît une régression inquiétante. De 8 000 tonnes en 1999, cette production est tombée à 5 000 tonnes en 2000 (DSID 2001). Cette situation est en grande partie due à la maladie du Swollen Shoot qui peut détruire complètement les parcelles de cacaoyers en production (Partiot et al., 1978). C'est une maladie virale causée par le cocoa swollen shoot virus (CSSV). Jusque dans les années 1990, la zone du Litimé, principale zone de production de cacao au Togo avec 60% des plantations, était indemne de cette maladie (Castel et al., 1980). Aujourd'hui, les plantations de cette zone sont affectées par cette maladie avec de nombreux foyers détectés.

Outre ce fléau majeur, il existe encore dans cette aire de production de café et de cacao d'autres maladies et insectes nuisibles qui concourent aussi à la régression quantitative et qualitative du café .

Pour remédier à cette situation il faut rénover la composition du mélange d'hybrides actuellement vulgarisé, créer une dynamique de plantation et d'intensification de la production cacaoyère et caféière et assurer une compétitivité durable des plantations togolaises.

La présente étude a pour objectif d'évaluer l'héritabilité des caractères de productivité et de résistance au Phytophthora et au swollen shoot et de classer des géniteurs suivant les AGC et ASC pour les mêmes caractères. Au total 122 hybrides obtenus par pollinisation manuelle ont été utilisés. Les essais ont été installés et suivis durant trois années consécutives (1999, 2000, 2001) pendant la période de fructification.

L'analyse des données des essais diallèles a permis d'identifier trois meilleures familles hybrides du point de vue de la production et de la résistance au phytophthora et au swollen shoot. Il s'agit de : SCA6xSNK64, T12/5xC25 et P7xT60/887.

Ces trois hybrides sont retenus en plus des trois hybrides les plus productifs du mélange vulgarisé (C75xC25, UPA413xC1 et UPA603xC409) pour servir au test de sélection participative dans le Litimé en 2004.

* Etude de la variabilité du virus du swollen shoot

Le virus du "Cocoa swollen shoot" est un virus transmis par des cochenilles. Cette étude vise par des outils moléculaires à mieux connaître le virus en vue d'une meilleure évaluation du matériel végétal destiné à la replantation du cacaoyer dans la zone.  Au cours du recensement des plantations malades, il a été identifié et collecté au total, sept (7) formes de symptômes du virus correspondant à 7 villages du Litimé (Wobè, Dzogbé, Mangoasse, Tomégbé, Ananikopé, Kpété-Maflo et Itimogo). Les premières indications sur la répartition du virus montrent que :

- plus de 50 % des vieilles plantations d'Amelonado du Litimé sont atteintes de swollen shoot ;

- le sud comme le nord sont atteints avec des foyers un peu partout (Dzogbé, Wobè, Abrwakor) ;

- les foyers les plus importants sont ceux de Dzogbé (33,5 ha) avec des symptômes de gonflement de tiges et de rameaux, caractéristiques de la forme sévère ;

- les plantations d'hybrides semblent moins attaquées que celles d'Amelonado

Les résultats préliminaires de caractérisation indiquent que les souches du CSSV du Litimé comparées aux formes sévères d'Agou (Agou 1 et Nyogbo 2) et aux trois (03) formes du Ghana (N1A, New Juanben et Peki ), peuvent être réparties en quatre (4) groupes :

- les isolats de Mangoassé se rapprochent des isolats d'Agou (Agou 1, Nygbo, Dzogbépimé et Akpotonou) ;

- les isolats de Dzogbé se retrouvent dans le groupe des souches du Ghana et très proches de New Juanben ;

- les isolats de Tomégbé sont plus proches des isolats d'Ananikopé ;

- les isolats de Wobè et d'Ananikopé sont également distinctes les uns des autres.

* Test de résistance des hybrides de cacaoyers au Cocoa Swollen Shoot Virus (CSSV)

Cette étude vise à tester, en condition artificielle, le comportement des hybrides vis - à - vis des différents isolats de CSSV du milieu. Il a été procédé comme suit :

- Elevage de cochenilles qui sont les vecteurs du virus ;

- Acquisition du virus par les cochenilles vides ;

- Inoculation des fèves de différents hybrides de cacaoyers ;

- Semis des fèves et suivi des essais en serre.

La souche Agou 1, reconnue la plus virulente et les souches de Mangoassé, Dzogbé, Wobè Ananikopé et Tomégbé ont été utilisées. Les fèves des 6 hybrides suivants : Sca6 x SNK64 ; T12/5 x C25 ; C75 x C25 ; UPA413 x C1 ; P7 xT60/887 ; UPA603 x C409, d'un témoin sensible (Amelonado ) et d'un témoin résistant (T60/887xIMC67) ont été inoculées. Les observations démarreront à l'apparition des premières feuilles.

* Evaluation des cacaoyers pour la résistance au Phytophthora spp

L'étude, basée sur un test précoce de pathogénie, a été réalisée en conditions contrôlées.

Un test d'inoculation sur feuille (Nyassé et al, 1995) a été adopté en vue d'une comparaison avec la situation d'attaque naturelle observée au champ.

Le classement des hybrides montre que dix (10) hybrides présentent un taux de pourriture inférieur ou égal à 31%. Ce chiffre est souvent considéré, en condition naturelle sans application de fongicides, comme une aptitude de tolérance au Phytophthora spp.

* Caractérisation des systèmes de production à base de cacao.

L'aire de production du cacao correspond à la zone ouest de la région des plateaux. Elle occupe une superficie d'environ 36 000 ha dont 22 000 ha dans le Litimé, 12 000 ha dans le Kloto et 2 000 ha dans l'Akebou-Akposso.

En prélude à l'étude des systèmes de production, le zonage de cette aire de production qui a été effectué a permis de déterminer trois sous zones homogènes et les villages représentatifs pour chacune d'elles.  Il s'agit de :

- La sous-zone de Kloto : elle a une vieille tradition de culture du cacao et est considérée aujourd'hui comme une zone de production stable. Elle comprend les préfectures d'Agou et de Kloto et est caractérisée par un relief varié et bénéficie d'un climat de type équatorial avec une hauteur de pluie moyenne de 1200 mm par an. Le cacao, le café, le palmier à huile, le maïs, l'igname, le manioc sont les principales cultures pratiquées. Le village retenu est Dzogbepimé ;

- La sous-zone d'Akébou : C'est une zone de plateaux qui connaît actuellement une dynamique de production cacaoyère assez forte. Les villages identifiés sont Dagnigan, Dagnivi et les fermes environnantes ;

- La sous-zone du Litimé : C'est une plaine située entre le Buem au Ghana et le Plateau Akposso. Elle est la plus importante zone productrice du cacao. Elle apparaît actuellement comme une zone traditionnelle de production cacaoyère en déclin. Mangoassi est le village retenu

* Régénération cacaoyère par recepage

Il s'agit de tester la possibilité de régénération du cacaoyer par recépage. Des parcelles test ont été recépées. L'ensemble des parcelles recépées montre une bonne croissance des rejets et un bon aspect végétatif. Les attaques de termites et leur effet sur le pourrissement et la mort des souches restent préoccupantes au niveau de bon nombre de parcelles. Pour pallier cette situation, il est conseillé de receper le cacaoyer à une hauteur de 30 cm, afin de permettre la solidité d'attache au point d'insertion des rejets et leur enracinement dans le sol avant la pourriture des souches.

* Agroforesterie en caféiculture

Cette étude sur l'agroforesterie a pour but d'évaluer l'effet de l'association au caféier de deux légumineuses forestières (Erythrophleum guineensis et Albizzia adianthifolia) sur la fertilité des sols et sur la production du café. Les deux légumineuses ont été associées aux caféiers aux densités de 59 et 118 plants à l'hectare. L'analyse des rendements en café marchand a montré que (tableau 33) :

- la production du témoin sans engrais est toujours inférieure à celle des traitements ayant reçu des engrais ;

- les meilleurs rendements sont obtenus sur des parcelles ayant les plus grandes densités de légumineuses ;

- Les productions de Ezimé et de Agbocopé sont supérieures à celles obtenues à la station de Tové avec des densités de 28 arbres à l'hectare.

Les analyses de sols ont révélé que l'association des légumineuses aux caféiers permet d'améliorer les taux de matière organique, de carbone, de l'azote et du phosphore assimilable dans les sols.

* Conduite du caféier

Le but est d'identifier, parmi les clones vulgarisés, ceux qui répondent favorablement à la technique de l'écimage. Des parcelles pilotes de caféiers ont été écimés sur les plateaux Akposso, Akébou, Danyi et dans les zones d'Amou, de Kpélé et de Kloto. Il s'agit de l'étêtage des caféiers ayant atteint la taille de 1,6 m. L'aptitude des clones à l'écimage est appréciée par l'évaluation de la capacité des caféiers étêtés à émettre des rameaux secondaires et tertiaires, augmentant ainsi la surface de production des branches fructifères.

L'évaluation individuelle des divers clones (émission des rameaux fructifères et rendement) a montré que la plupart des clones vulgarisés au Togo ont de bonnes aptitudes à la technique de l'écimage. La production réelle des rameaux secondaires et tertiaires émis après le recépage n'a pas été suffisamment évaluée. Mais les clones 107, 181, 182, 197 et 375 semblent mieux s'adapter à cette technique.

* Evaluation de l'ampleur des maladies et des dégâts d'insectes

Le dépouillement des fiches de recensement des parcelles malades collectées auprès des planteurs dans les trois zones de production a montré que :

- Le Swollen Shoot qui n'existait qu'à Agou et Kloto est aujourd'hui bien présent dans le Litimé. Les déclarations font état d'au moins 50 hectares de vieilles plantations d'Amélonado atteintes ;

- Le foreur du tronc a envahi l'ensemble de la cacaoyère togolaise, les plantations du Litimé étant plus sévèrement atteintes que celles d'Agou et de Kloto ;

- Le dépérissement nécrotique des caféiers est également signalé dans toutes les grandes zones de production (Akébou, Akposso, Plateau, Amou, Dayes et Kloto).

* Evaluation de la tolérance des hybrides de cacaoyer aux attaques du foreur de tronc

Les résultats préliminaires provenant seulement de deux observations ont montré que le diallèle L21 de Wobe (Litimé) est plus attaqué que celui de Tové (T26) avec respectivement 20,43% et 14,95% d'attaque. Ces données doivent être confirmés par d'autres observations. Mais il apparaît déjà une grande sensibilité des hybrides aux attaques du foreur du tronc de cacaoyer. En ce qui concerne l'impact de l'insecte sur le rendement, des travaux réalisés par Wegbe (1997) relient les pertes de production au nombre de trous actifs (tableau 34). Ainsi, les combinaisons ayant entre 0 et 2 trous sont les plus tolérants aux attaques du foreur.

* Constitution de mélanges clonaux résistants à la maladie du dépérissement du caféier

Les manifestations chimiques du dépérissement nécrotique du caféier ont été décrites. Les organes sensibles sont l'apex, les feuilles (nécrose) et les fruits (momification). L'évaluation de la sensibilité clonale de la maladie a commencé et devra se poursuivre afin de déterminer les clones les moins sensibles à la maladie. Toutefois, les clones 107, 126, 149,197 et 375 semblent être sensibles au dépérissement nécrotique.

* Evaluation de produits insecticides

Quatre produits insecticides appartenant aux familles des Organochlorés, Organophosphorés et Chloronicotinilés ont été testés.

Tous les insecticides appliqués 2 fois à intervalle de 30 jours aux 2 doses ont été efficaces pour le contrôle du foreur. Les études se poursuivent pour déterminer la rémanence de ces produits aux différentes doses afin de retenir le meilleur produit (bonne efficacité, bonne rémanence, toxicité relativement faible).

PALMIER A HUILE

Les activités sur le palmier à huile se résument à la production de matériel végétal en vue de la fourniture de plants sélectionnés aux planteurs désireux de créer des palmeraies. Ainsi, de jeunes plants de palmiers sélectionnés ont été produits en 2003 et il existe actuellement en pépinière au CRAF , environ 16 000 jeunes plants en cours d'élevage. Par ailleurs, 3 891 plants issus des reliquats des plants produits en 2002 ont été livrés aux planteurs.

PRODUCTIONS ANIMALES

e secteur Elevage est caractérisé par une dépendance marquée du pays vis-à-vis de l'extérieur. En effet le pays ne couvre que 70 % de ses besoin en protéines animales ( PROPAT ; 98 ) . Les efforts pour l'autosuffisance en produits d'origine animale devraient permettre de faire passer les taux de croissance du cheptel bovin de 3.5% à 7%, celui des petits ruminants de 5,7 % à 10% et celui des volailles de 5,2 à 10%. Au cours de l'exercice 2003, l'action de recherche a porté sur la production bovine, ovine, caprine et porcine. Le domaine aviculture n'a pas été l'objet d'investigation particulière dans cette année faute d'un financement approprié.

BOVINS

Les actions de sélection bovines se sont déroulées à la Station Avétonou du CRA/F. Les races impliquées étaient : N'dama (ND), Borgou (RB) et la race Locale (Lagunaire ) et les produits de croisement.

Les activités menées sont: le marquage des jeunes et adultes, le contrôle pondéral, le sevrage des veaux, la castration, l'enregistrement des naissances. Le noyau de sélection est constitué de 402 têtes de bovins toute catégorie confondue.

OVINS ET CAPRINS

Les activités de recherche sur les petits ruminants se sont déroulées à la Station d'Avétonou et surtout à la station ovine et caprine de Kolokopé.

L'effectif impliqué est de 148 têtes d'ovins toute catégorie confondue. Les paramètres zootechniques enregistrés sont :

" Taux de prolificité de 103.12%

" 162.71% comme taux d'agnelage.

" Taux de mortalité avant sevrage est de 22.5% contre 11% après sevrage.

* Amélioration génétique du mouton Djallonké

Le mouton Djallonké est la principale race ovine élevée au Togo; malgré sa rusticité, il a un format commercial faible (20-25kg). Les objectifs poursuivis par le programme d'amélioration génétique par sélection des mâles sont la production et la diffusion dans les élevages des géniteurs améliorateurs des qualités maternelles et bouchères du cheptel d'ovins.

-Le système d'élevage pratiqué est de type semi-intensif

-Cinq cent soixante seize (596) brebis de la station ont été accouplées d'avril à juin 2003. Les accouplements sont raisonnés (affectation de mâles individuels à des lots de reproductrices). La durée de lutte de 45 jours.

Résultats

Les paramètres zootechniques enregistrés ont été : les accouplements ont permis d'enregistrer 529 agnelages avec un effectif moyen de 595 brebis présentes aux luttes ; 730 agneaux étaient nés vivants ; 280 agneaux mâles et 300 femelles ont été sevrés. Les agneaux mâles sevrés sont soumis au test d'extériorisation du potentiel de croissance à la station de contrôle individuel des futurs reproducteurs. Le taux moyen de prolificité a été de 140 agneaux pour 100 agnelages.

Le taux de mortalité entre la naissance et l'âge d'un mois a atteint 6,29 %. Ce taux avant sevrage a été estimé à 15,52%. La vitesse de croissance quotidienne moyenne observée fluctue entre 90 et 98 grammes par jour durant le premier mois de vie des agneaux. Les agneaux sevrés ont eu un poids vif moyen de 8,65 kg ; les meilleurs ont atteint le poids de 12 kg à l'âge de trois mois.

* L'amélioration de la Survie des Chevreaux

Un protocole de supplémentation de lait artificiel des chevreaux a été mis en œuvre durant la campagne 2003 pour répondre à la demande d'une lutte contre la forte mortalité des chevreaux. Avec un effectif moyen de 158 femelles présentes aux luttes, l'on a enregistré 163 chevreaux nés vivants et 23 avortons provenant de 112 mises bas. Le taux moyen de prolificité a été de 166,07 chevreaux pour 100 mises bas ; Le taux de mortalité des chevreaux avant l'âge d'un mois est de 44,78 %. Ce taux a atteint 52,76 % entre la naissance et l'âge de quatre mois considéré comme l'âge de sevrage. La vitesse moyenne de croissance quotidienne observée a été de 35 g 7, 45. Le soutien des chevreaux par l'allaitement artificiel semble avoir un impact positif sur l'amélioration de leur taux de survie. Le taux de mortalité de 75% enregistré la campagne précédente a en effet baissé à environ 53 %.

La prolificité a chuté de 4 points à cause de l'introduction d'une quarantaine de chevrettes; soit le quart de l'effectif des femelles présentes à la lutte. Les poids faibles à la naissance de 1 kg abrégeraient la survie des chevreaux ; 85 % des mortalités ont lieu durant le premier mois de vie des chevreaux. L'amélioration de la survie des chevreaux et de la productivité de la chèvre Djallonké nécessite donc la prise en charge des produits les premiers jours de vie. Le parasitisme, caractérisé par l'infestation cyclique des chevreaux par les puces, exacerbé par le manque de produit spécifique ( Carbaryl) pour lutter efficacement contres ces ectoparasites reste aussi l'un des problèmes à maîtriser.

* Travaux de Recherche en Milieu Paysan

Dans le cadre du programme d'amélioration génétique des ovins Djallonké, la sélection en milieu paysan permet d'améliorer les aptitudes de production et les qualités d'adaptation requises. Les travaux de recherche en milieu paysan ont été menés dans des élevages villageois d'ovins des régions Centrale et Kara. Ces travaux concernent le contrôle des performances et l'hiérarchisation des contraintes d'élevage. L'objectif de cette recherche est l'ouverture du noyau de sélection de la station. Une dizaine d'élevages ovins dont 4 dans la région Centrale, 3 dans la région de la Kara ont été suivis. Les accouplements avec l'utilisation de béliers améliorateurs sont organisés par les éleveurs candidats de la base de sélection.

Résultats et discussion

Les paramètres zootechniques observés dans les élevages villageois d'ovins ont été :

-un taux moyen de fertilité de 96 p100,

-un taux moyen de prolificité estimé à 106 agneaux pour 100 agnelages.

-le taux de mortalité avant sevrage observé chez les meilleurs élevages est de 9,10 % avec 6,37 % des agneaux qui sont morts entre la naissance et l'âge d'un mois.

Dans ces élevages, 70 agneaux ont été sevrés pour 100 brebis présentes. Les élevages du second groupe ont enregistré un taux de mortalité avoisinant 58 %. Le taux d'avortement était de 25,87 %. Les troupeaux de ces élevages ont été fortement infestés de puces. Les paramètres zootechniques observés dans les élevages villageois se sont fortement dégradés par rapport à la campagne précédente. Les conditions d'élevage précaires d'élevage caractérisées par une absence de la complémentation alimentaire des troupeaux après le pâturage, l'infestation massive par les puces et le et le manque des actions d'appui conseil, ont été les principales causes.

PRODUCTION LAITIERE

Des activités ont été menées sur la production laitière à la station d'Avétonou et dans les Régions Centrale et Maritime dans le cadre du projet PROCORDEL. Une étude spécifique a été également menée sur la production laitière du bovin Somba.

Une vingtaine de vaches de race N'dama, Borgou et Lagunaires a été retenue pour la mise en place d'une unité de recherche en production laitière et l'insémination artificielle. La production moyenne par vache et par jour est de 0,5 à 1 litre.

Les élevages de bovins à la périphérie des villes alimentent les populations en lait et produits laitiers. Le lait frais offert à la population reste de qualité douteuse. Cette étude est menée en vue d'estimer la production dans ces zones péri-urbaines et déterminer la qualité des produits offerts.

Les études ont été conduites autour des villes de Sokodé et de Lomé et ont concerné respectivement 264 troupeaux et 100 troupeaux

Résultats

Production

La production totale de lait dans la zone périurbaine de Sokodé est estimée à 231357 litres alors que celle dans la zone autour de Lomé est de 537000 litres, ceci dans un environnement de production très difficile.

La durée de lactation enregistrée est de 238,35 jours avec un écart type de 25,05. La production par lactation est de 152,61 litres en moyenne avec un écart type de 63,65. Les écarts types ainsi obtenus montrent une très grande variation entre les durées de lactation et la production par lactation. La production moyenne par vache et par jour de 0,63 litre.

"Structure du Cheptel

Les troupeaux recensés à Sokodé comptent 7512 têtes, dont 1694 vaches allaitantes. Le taux de vêlage annuel est estimé à 60% autour de la ville de Sokodé. Autour de Lomé, 9897 têtes ont été recensées; parmi elles , 4755 vaches dont 2415 allaitantes ; soit un taux de vêlage annuel de 50,78% autour de la ville de Lomé

"Taille et Nature des troupeaux

59% des troupeaux ont une taille comprise entre 21 et 50 têtes à Sokodé contre 30% à Lomé. Les troupeaux de 51 à 130 têtes sont représentés à 7 p100 à Sokodé et 19% à Lomé. Plus de 46% des troupeaux de Lomé sont à plus de 130 têtes. La plupart des troupeaux sont de nature collective au niveau de Sokodé et individuelle à Lomé.

"Pratique de la traite du lait

" Mode de la traite

La traite est amorcée par le veau (stimulation de la descente du lait) et est faite manuellement à Sokodé comme à Lomé dans les 100% des troupeaux où le lait est produit .

" Hygiène de la traite

Dans 82% des troupeaux, les trayeurs ne se lavent jamais les mains avant de passer à l'opération de traite. Dans 12% des cas, les trayeurs se lavent toujours les mains avant la traite alors que les trayeurs de 6 p 100 des troupeaux Traite du lait se les lavent parfois.

"Typologie des élevages laitiers

" Elevage laitier de type traditionnel

Cet élevage représente 96% des troupeaux recensés autour des villes. La race exploitée est la locale de type Somba. Il est caractérisé par l'alimentation exclusive au pâturage, l'absence de bâtiment d'élevage. L'objectif premier de l'élevage n'est pas la production laitière. C'est un patrimoine collectif ou familial

" L'élevage laitier de type traditionnel amélioré.

Il représente 2 p 100 des troupeaux. Dans ce type d'élevage, on peut noter l'existence de bâtiment d'élevage le plus souvent construit en mur de ciment couvert de tôles ou bien sur piquets couverts et entourés de tôles. Les troupeaux appartiennent pour la majorité des cas à une seule personne non agricole. Les propriétaires sont quelque peu flexibles pour la vente de quelques animaux en fin d'année pour assurer les soins des autres animaux toujours sur le conseil du vétérinaire.

" L'élevage laitier de rente ou commercial

C'est le système le plus rare, le plus structuré et ayant pour objectif premier, la production laitière. Dans ce type, le troupeau est individuel et appartient à un grand cadre de l'administration ou bien il appartient à une société. Les infrastructures sont constituées de clôture ou parc en dur, hangar, puits, des magasins etc. La race exploitée dans ce type d'élevage est le Goudali importé le plus souvent du Nigeria.

*  Qualité microbiologique du lait à Sokodé

" Les analyses de saison sèche

Les analyses de saison sèche ont montré que les germes pathogènes comme Brucella sp, Salmonella sp, Mycobacterium sp recherchés dans les prélèvements ont été absents; il est donc indéniable que le lait produit dans ces villages est de bonne qualité par rapport à ces germes. Toutefois la flore microbienne aérobie mésophile (30°C) recherchée pour apprécier la qualité microbiologique générale des produits analysés reste très élevée dans 7 troupeaux.

" Analyses de saison humide

Comme pendant la saison sèche, les produits analysés en saison humide sont de bonne qualité par rapport aux germes pathogènes (Salmonella sp., Brucella sp. et Mycobacterium sp.). Tous les produits analysés sont de qualité hygiénique satisfaisante par rapport aux germes anaérobies sulfito-réducteurs. 30% des produits ont également une qualité hygiénique satisfaisante par rapport aux Staphylococcus aureus.

" Analyse de lait prélevé dans les marchés autour de Sokodé

Les produits prélevés aux marchés sont de bonne qualité par rapport aux germes pathogènes comme cela est le cas à la production car Salmonella sp., Brucella sp. et Mycobacterium sp recherchés n'ont pas été retrouvés. 90% des échantillons sont également de bonne qualité par rapport à Staphylococcus aureus. Par rapport aux coliformes thermotolérants et Escherichia coli, 40% sont de mauvaise qualité.

* Qualité microbiologique du lait à Lomé

Les produits analysés sont globalement de qualité satisfaisante par rapport aux Anaérobies sulfito réducteurs, aux Brucella, aux Mycobactérium, au Staphylococcus et aux Salmonella ; toutefois il faut signaler la présence de Salmonella dans 25 ml de lait au niveau de prélèvement de Zio 2.

Par rapport aux Escherichia coli, 33 % seulement des prélèvement sont de qualité hygiénique satisfaisante La teneur en germes totaux retrouvée au niveaux des deux marchés de Lomé dépasse chacune les teneurs observées au niveau de chaque troupeau de Lomé à la production.

Globalement à Sokodé comme à Lomé, la traite se faisant manuellement dans tous les troupeaux, la qualité des produits dépend en partie de l'hygiène de la traite. Les 71,25 % de ceux qui font la traite se lavent les mains à l'eau simple et seulement 28,74 % se lavent parfois ou toujours les mains au savon. En ce qui concerne l'hygiène de la traite, le lavage des trayons avant la traite ne se fait pas dans la majorité des cas.

Des travaux spécifiques ont été menés sur la race bovine locale de type Sombra. Cette race s'est montrée peu performante en production laitière avec les résultats suivants :

- une production journalière par vache de 0,63 litre ;

- une durée moyenne de lactation de 238,35 jours ;

- une production moyenne par lactation de 152,61 litres

ALIMENTATION ET NUTRITION ANIMALE

*  Des provendes :

152 300 kg provendes de divers types d'élevage ont été produites à Avétonou pour des besoins internes à la station et pour d'autres producteurs. Un test d'incorporation des drêches de manioc dans l'alimentation des porcs est en cours. Les essais d'appétibilité ont permis d'incorporer 45% de drêches de manioc dans une provende de porc en croissance.

* Intégration des cultures fourragères dans les systèmes agro-pastoraux

Cette étude a été faite dans les préfectures de Vo et des Lacs en région maritime du Togo, et avait pour objectifs :

- Etudier les pratiques d'insertion des cultures fourragères dans les systèmes de production et les contraintes majeures à leur intégration ;

- Introduire les légumineuses fourragères à usage multiple dans les pratiques culturales ;

- Analyser l'incidence économique de l'intégration des légumineuses fourragères

Les cultures vivrières étaient le Maïs et le Manioc et les légumineuses utilisées étaient le Leucaena leucocephala, le Cajanus cajan et le Mucuna pruriens. Le matériel animal concerné était les Ovins de race Djallonké et le mouton de Vogan avec 4 à 8 sevrons d'environ 3-5 mois.  L'enquête par sondage a porté sur 314 agro-éleveurs a permis de retenir un groupe de 8 paysans pour les deux préfectures.

Résultats et Discussions

Sur les 314 paysans enquêtés, on a dénombré 52 % d'hommes et 48 % de femmes. L'âge moyen des enquêtés s'est situé à 45 ans. Pour l'ensemble des deux préfectures, 39 % des paysans pratiquent l'agriculture seule et 61% associent l'agriculture à l'élevage des petits ruminants.  Les pratiques d'insertion des légumineuses fourragères dans les systèmes de production sont faites seulement par 49% des paysans.  Les sols des deux préfectures appartiennent à la classe des sols ferralitiques communément désignés sous le nom de "Terres de barre". La composition physico-chimique des sols a montré qu'il s'agit des sols à texture sablo - argileuse avec une forte proportion de sable.

Il ressort que dans les conditions de l'expérimentation, la culture des légumineuses n'a pas permis d'améliorer les propriétés chimiques du sol pendant le délai d'exécution du projet (30 mois). Ainsi, il apparaît que le double objectif poursuivi, fourrage et amélioration de la qualité du sol semble est inconciliable dans ce délai. D'autre part les résultats obtenus ont indiqué une légère réduction de la réaction acide des sols consécutive au relèvement des niveaux des éléments nutritifs (Mg, Ca et Na) dans le sol. Mais cette évolution semble assez limitée et n'illustre pas une tendance marquée.

Les rendements des cultures et de leurs sous-produits ont été évalués suivant la pose de carré de densité dans chaque traitement.

Les rendements ont été plus élevés en 3 è année dans les parcelles à légumineuses que dans les parcelles de la pratique paysanne. On constate une nette amélioration avec le Leucaena. La tendance à l'augmentation des rendements est plus marquée en année 3 dans les parcelles avec légumineuses en particulier celle du Mucuna. Les résidus de récolte de maïs sont constitués de chaumes, de feuilles et de spathes. Ils ont été évalués en vue de déterminer la quantité de sous produits disponibles pour l'alimentation des animaux. L'augmentation des résidus est plus sensible dans la parcelle à Leucaena .La production des résidus de manioc a été plus importante en année 2. La production de biomasse foliaire des légumineuses a été aussi évaluée à travers les différentes coupes réalisées au niveau des parcelles.

Au niveau des 3 légumineuses testées Cajanus cajan a produit la biomasse foliaire la plus élevée au bout de 3 ans. La production totale de biomasse Végétale été déterminée par la somme des biomasses végétales produites sur les parcelles. Elle a concerné donc les résidus de maïs, les épluchures, les feuilles de manioc et la biomasse foliaire des légumineuses.

La moyenne de production sur les 3 ans attribue la meilleure performance à la parcelle à Cajanus avec 5569 kgMS/ha contre seulement 3367 kgMS/ha pour la parcelle de la pratique paysanne.  Une évolution pondérale des animaux a permis de déterminer l'impact de la complémentation par les légumineuses cultivées. Les poids obtenus en pesant les animaux ont servi à calculer le gain moyen quotidien (GMQ en g/j) des animaux. Le tableau 6 présente les résultats obtenus, par sexe et aux différentes périodes de pesée ainsi que leur moyenne sur les 5 périodes.

Le GMQ obtenu sur les 5 périodes est plus élevé chez les animaux complémentés que chez les témoins. Ce phénomène est plus remarqué en saison sèche où les résidus de récolte deviennent rares pour les 2 catégories d'animaux, c'est - à - dire autour de 232 à 294 jours. Le niveau de la consommation journalière des fourrages sur une période de 15 jours est de l'ordre de 49 g/ kg de poids métabolique. Les revenus nets et le Ratio Valeur- Coût ont été déterminés. L'application du RVC, a permis de confirmer la supériorité du système à Leucaena sur tous les autres avec des RVC variant entre 2,09 et 2,50. La faiblesse du système à mucuna se trouve aussi confirmé. Enfin, le RVC nous a permis de confirmer la compétition entre la pratique traditionnelle et le système à cajanus. Une analyse des variations de revenu induites par les innovations a été réalisée.. Elle a permis de déterminer les variations nettes de revenu par la méthode du budget partiel. Au bout des trois années d'expérimentation, l'utilisation du système à leucaena aura permis au paysan de gagner 300 000 F/ha de plus que son homologue qui aura pratiqué le système classique maïs-manioc sans légumineuses fourragères.

Il ressort de cette étude que dans les zones à forte pression démographique, il est possible de rentabiliser l'espace disponible en y intégrant les cultures fourragères pour une durabilité du système de production. Parmi les légumineuses introduites, le Leucaena a réalisé les meilleures performances du point de vue des rendements agricoles et Cajanus cajan du point de vue de la biomasse fourragère. Mucuna malgré ses qualités fertilisantes indéniables, ne semble pas être indiqué comme culture fourragère à utiliser dans les associations maïs-manioc.

GESTION DES RESSOURCES NATURELLES

Les activités relatives à la gestion des ressources naturelles ont couvert les domaines suivants:

AMENAGEMENT ET MISE EN VALEUR DES BAS-FONDS

Les travaux ont été menés sur les sites d'Adéta dans la région des Plateaux et de Nogyiog dans la région des Savanes.

Le site d'Adéta est situé 150 Km au Nord-Ouest de Lomé en zone forestière dans la sous-préfecture de Kpélé-Akata sur l'axe Kpalimé - Atakpamé. Le régime pluviométrique est bimodal (1300 -1400 mm/an). Les sols de la région en général sont de type ferrallitique et ferrugineux formés sur des roches acides. Les sols du bas-fond sont des hydromorphes à pseudogley d'ensemble assez riches en limon. Les exploitants du site sont en majorité des femmes dont un fort pourcentage d'autochtones. Le riz est la principale culture pratiquée dans le bas-fond. En contre saison, les zones encore humides sont exploitées en légumes locaux (adémè, gombo, piment, gboma, etc.) L'arachide, le niébé, maïs et le gombo sont cultivés en début de saison. La caractérisation des systèmes de production dans le bas-fond a mis en évidence un certain nombre de contraintes telles que la non maîtrise de l'eau, l'érosion, l'utilisation de techniques culturales non appropriées, la baisse de la fertilité des sols, les faibles rendements, la pression des adventices, le manque de crédits de campagne et la non organisation des exploitants etc.

La non maîtrise de l'eau, les techniques culturales inappropriées constituent les principales contraintes limitant la production du riz sur le site. L'aménagement et la mise en valeur du bas-fond ont pour objectifs :

- maîtriser partiellement l'eau pour mieux rentabiliser la production du riz et développer les cultures maraîchères

-appuyer les femmes exploitant le bas-fond en vue d'une gestion durable des ressources

Quatre activités ont été conduites à savoir :

- la maîtrise partielle de l'eau ;

- l'évaluation de l'effet de la maîtrise partielle de l'eau et des

- techniques de semis sur le rendement du riz en milieu paysan ;

- tests de cultures maraîchères en contre saison ;

- l'appui à la production et à gestion des aménagements.

* La maîtrise partielle de l'eau

Elle est faite à partir d'un aménagement sommaire, simple et participatif (diguettes suivant les courbes de niveau sur la base d'utilisation du triangle A). Trois hectares ont été ainsi aménagés. Le lit du cours d'eau a été redressé. Cinq (5) puits ont été creusés.

* Evaluation de l'effet de la maîtrise partielle de l'eau et des techniques de semis sur le rendement du riz

L'essai a pour objectif d'évaluer le rendement du riz suivant deux modes de semis : semis direct en poquet et repiquage sur des parcelles aménagées et non aménagées. La variété de riz testé est le TGR 203. Le rendement le plus élevé a été obtenu sur la parcelle aménagée avec repiquage (5 200 Kg/ha) contre 3 200 Kg/ha par rapport à la pratique traditionnelle (semis direct en poquets sur parcelle non aménagée) soit un surplus de rendement de 2 000 Kg/ha.

* Tests de cultures maraîchères en contre saison

La corète potagère (adémè, Corchorus olitorius), le gombo (Abelmoschus esculentus) et le chou pommé (Brassica oleracea) ont été les légumes testés. Les cultures ont été effectuées sur planches. L'humidité du sol a été suivie. Il a été observé une variabilité de taux d'humidité entre parcelle à l'installation des essais. Cette variabilité inter parcellaire des teneurs en eau du sol serait liée au phénomène de remontée capillaire dû à la présence de nappe perchée dans le sol.

Les rendements obtenus sur les principales cultures se résument comme suit : 5,05 t /ha à 9,6 t/ ha pour la corète potagère, 2,7t/ ha à, 9,6 t/ ha pour le gombo et 28,8 t /haha à 35,85 t / ha pour le chou. Il est à noter que les traitements situés sur les parcelles aménagés plus en aval et devant bénéficier d'apport d'eau des puits et de l'effet de l'aménagement ont donné de moins bons résultats que ceux situés en amont sur des parcelles non aménagées.

Les raisons sont que les puits ont tari assez vite au cours de la saison sèche et que par ailleurs les parcelles situées en amont sont implantées dans une zone où les nappes sont presque permanentes. L'hétérogénéité et le régime hydrodynamique des sols sont des facteurs à prendre en compte dans l'expérimentation dans les bas-fonds. Il s'agit de résultats d'une campagne agricole. Les essais doivent se poursuivre afin de confirmer les résultats obtenus.

* Appui à l'exploitation et à la gestion des aménagements

Il s'agit par une méthode participative, d'organiser et de former les exploitants en vue d'une exploitation rationnelle du bas-fond. Cet appui devra déboucher sur la constitution d'un groupement. La formation a porté sur les différents organes d'un groupement, le rôle des différents membres, l'élaboration des textes, la composition de dossier d'agrément et les procédures de reconnaissance officielle, la programmation des activités etc. En terme de résultats, des réunions ont été organisées par les femmes en vue de la restitution des acquis de la formation, un bureau provisoire du groupement naissant a été créé, un projet de statuts et de règlement intérieur ont été élaboré, un compte plan Epargne Rural Crédit a été ouvert au nom du groupement. Les activités réalisées sur le site d'adéta ont été conduites pendant une seule campagne. Les acquis obtenus ont besoin d'être confirmés par la poursuite des travaux pendant une ou deux campagnes. Le renforcement de capacités des producteurs par la formation est une priorité afin de garantir la durabilité de l'exploitation du site.

Le site de Nogyiog est situé à 20 Km environ à l'Ouest de Dapaong sur l'axe l'axe Dapaong-Noukpourrma-Tami. Le bas-fond couvre une superficie d'une dizaine d'hectares environ et est exploité uniquement en saison des pluies par une trentaine de personnes essentiellement des femmes. La principale culture dans le bas-fond est le riz. Les sols dérivent des quartzites indifférenciés et sont des hydromorphes à pseudogley d'ensemble. Ils sont sablo-limoneux à sablo- argileux en surface devenant sablo-argileux à argilo-sableux compacts en profondeur. Les contraintes liées à la mise en valeur du site sont par ordre décroissant, la non maîtrise de l'eau, l'érosion, le ravinement, la pauvreté chimique des sols, les attaques de termites. A ces contraintes s'ajoute le manque d'appui aux exploitants qui se traduit par l'utilisation de variétés locales de riz peu performantes, le manque d'organisation et les difficultés d'accès aux intrants.

Le projet avait pour objectifs de :

- maîtriser partiellement l'eau à partir d'une technologie simple avec l'implication des bénéficiaires ;

- inventorier les principaux types de sols et déterminer leurs caractéristiques physico-chimiques ;

- améliorer les variétés de riz et les adapter aux conditions agro-climatiques du milieu ;

- organiser et former les exploitants

*  Maîtrise partielle de l'eau

A partir de la carte topographique, de celle du parcellaire, des schémas d'aménagement et d'implantation de l'aménagement, il a réalisé un aménagement simple, participatif et à haute intensité de main d'œuvre (HIMO). Il s'agit de la construction d'ouvrages en terre en suivant les courbes de niveau (diguettes, ailes déversantes) et de la mise en place d'ouvrages d'alimentation en pierres sèches perpendiculaires aux axes d'écoulement des eaux.

L'aménagement a concerné tout le bas-fond. Il a été réalisé à plus de 75 %. Les gros ouvrages ont été mis en place (diguettes principales et ouvrages d'alimentation) assurant ainsi un assez bon fonctionnement du système dès la première année. Seuls restent quelques diguettes de cloisonnement, les ailes déversantes, la mise en place des rangées de vétiver pour stabiliser les ouvrages. Le riz a pu achever son cycle sans souffrir du manque d'eau. La maîtrise partielle de l'eau à partir de cet aménagement très simple a permis d'atteindre des rendements de plus de 2,5t /ha avec les techniques traditionnelles de mise en valeur contre environ 1 t/ha avant aménagement. L'attaque des termites a été contrôlée grâce à la présence de l'eau dans les casiers pendant le cycle végétatif du riz.

* Inventaire des sols

L'étude pédologique a été réalisée par quadrillage à l'échelle du ½ 000è. La carte topographique réalisée à la même échelle a servi de support à l'étude. Les analyses de laboratoire ont été effectuées sur des échantillons caractéristiques des principaux types de sols.

La répartition des sols est en étroite relation avec le modelé. On distingue ainsi les sols du rebord et du tiers supérieur, de la partie centrale et de l'aval du bas-fond. Les sols inventoriés se présentent comme suit :

Rebord et tiers supérieur du bas-fond :

- sols sableux dans les horizons de surface devenant sablo-argileux à argilo-sableux voire argileux avec présence de nombreuses taches d'hydromorphie au-delà de 80 cm de profondeur (Sols Ferrugineux Tropicaux Lessivés Hydromorphes).

- sols sableux devenant sablo-argileux à argilo-sableux au-delà de 60 cm de profondeur, renfermant de nombreuses concrétions ferrugineuse et de nombreuses taches d'hydromorphie (Sols Ferrugineux Tropicaux Lessivés à Taches et à Concrétions).

- sols sablo-argileux à argilo-sableux avec présence de beaucoup d'éléments grossiers dès la surface. Ils sont peu profonds et très compacts (Sols Ferrugineux Tropicaux peu Lessivés Hydromorphes

- sols sablo-limoneux dans les 50- 60 cm supérieurs devenant sablo-argileux à argilo-sableux compacts en profondeur. Ces sols possèdent une forte capacité de rétention en eau. Les horizons de surface étaient encore frais et la nappe présente dans le sol pendant la période de l'étude (fin novembre-début décembre). Les possibilités de la pratique des cultures de contre saison peuvent être envisagées sur ce type de sol.

Partie centrale et aval du bas-fond :

- sols sablo-limoneux peu épais (30-40 cm) reposant sur des horizons sablo-argileux à argilo-sableux très compacts. Ces sols possèdent une très faible capacité de rétention en eau et se dessèchent très rapidement après l'arrêt des pluies. Ils sont les plus répandus.

- sols sablo-limoneux moyennement épais (50-60cm) reposant sur des horizons sablo-argileux à argilo-sableux compacts renfermant parfois des concrétions ferrugineuses et une nappe au-delà de 120 cm entre novembre et décembre. Ils caractérisent la partie aval de l'axe de drainage du bas-fond. Ils sont moyennement aptes à la culture de riz et inaptes aux cultures de contre saison.

Les sols inventoriés dans les parties centrales et aval du bas-fond sont des sols hydromorphes peu humifères à pseudogley d'ensemble. Ils représentent plus de 60 % des sols du bas-fond. D'une manière générale, plus de 75 % des sols du site de Nogyiog sont aptes ou moyennement aptes à la culture du riz. Les superficies pouvant répondre aux cultures de contre saison sont limitées (moins d'un hectare).

Sur le plan des caractéristiques physiques, les sols du bas-fond sont très riches en limon (15 à 25 %) dans les 60 cm supérieurs ce qui les rend battants et peu perméables. Le taux d'argile est assez faible en haut de versant et bas de versant (12 - 16 % entre 40-60 cm). Ceci explique en partie la présence assez prolongée de la nappe. Ce taux passe à plus 34 % en milieu de versant où les horizons supérieurs ne dépassent guère 40 cm. Ceci explique également le dessèchement rapide des sols après les pluies.

Pour ce qui est des caractéristiques chimiques, tous les sols du bas-fond sont extrêmement pauvres. Les taux de matière organique sont très bas (< 1%). Les teneurs en bases échangeables sont très faibles sauf pour le Ca (3 à 4,5 méq/100). Le complexe absorbant est faiblement à moyennement saturé (20 à 60 %). Les pH sont faiblement à moyennement acides.

* La sélection variétale participative du riz de bas-fond

Au total dix huit (18) varietes ont ete testees en station. ces varietes se sont bien exprimees. les rendements obtenus oscillent entre 1660 et 7000 kg/ha. le rendement le plus eleve sans apport de fumure correspond au rendement le plus faible avec apport de fumure. cet ecart montre que le sol est pauvre en elements nutritifs majeurs.

Pour ce qui de l'évaluation paysanne, une trentaine de producteurs ont participé à la séance de sélection. Le groupe était composé majoritairement de femmes (26 femmes, 10 hommes) ayant une dizaine d'années d'expérience en en riziculture. A l'issue de la séance d'évaluation, 12 variétés sur les 18 ont été choisies par les paysans suivant leurs propres critères de sélection. Les critères les plus cités sont : le bon tallage, la bonne production (panicules bien chargées), la précocité, le bon remplissage des grains, la taille moyenne (résistance à la verse), la compétitivité aux adventices, la bonne réponse à la fumure et la qualité des grains. Les quatre premières variétés retenues par les exploitantes seront introduites en milieu paysan au cours de la campagne 2004. Il s'agit des variétés TGR 203, TCA-80, TGR 207, TGR 75.

L'aménagement du site de Nogyiog a pu se réaliser grâce à l'adhésion et à l'implication effective de toute la population (hommes et femmes) même si les hommes n'exploitent pas le bas-fond. L'aménagement simple, participatif et à haute intensité de main d'œuvre a permis de maîtriser partiellement l'eau, de lutter contre les termites et d'atteindre des rendements moyens de l'ordre de 2,5 t/ha contre 1 t/ha sur des parcelles non aménagées. Les activités se poursuivront par des tests de technologies visant l'amélioration de la productivité du bas-fond entre autre, la restauration de la fertilité des sols, l'introduction de la sélection variétale participative en milieu paysan.

* L'ingénierie conseil

Dans le cadre du développement de projets pilotes d'aménagement et de mise en valeur des bas-fonds, l'ITRA a joué auprès de l'Union Européenne (COM-STABEX 91-94), le rôle d'Ingénieur Conseil pour appuyer les Ongs impliquées dans lesdits projets. L'appui a consisté en une assistance dans les domaines méthodologique, technique et scientifique. Deux Ongs ont reçu cet appui (PTM dans la région Centrale et RAFIA dans la région des Savanes). Au total cinq (5) bas-fonds ont été ainsi aménagés pour une superficie totale d'une quarantaine d'hectares.

BASE DE DONNEES NATIONALES SUR LES BAS-FONDS ET LES SOLS

Le projet de mise en place d'une base de données nationale sur les bas-fonds répond au souci de disposer d'outil d'aide à la décision dans ce domaine. La collecte des données a été réalisée par enquête au moyen d'un questionnaire sur les bas-fonds exploités. Les principales données collectées ont trait aux caractéristiques biophysiques et socio-économiques des bas-fonds. Le traitement des données a été réalisé avec le logiciel ACCESS. L'exécution du projet a débouché sur deux types de résultats : les résultats statistiques et les résultats analytiques.

Le premier type de résultats porte sur le nombre de bas-fonds enquêtés et les données collectées sur chaque bas-fond. Ces données sont saisies et constituent la substance de la base de données. Elles peuvent faire l'objet d'une multitude d'analyses croisées. Elles peuvent également être consultées à tout moment dans le cadre des actions spécifiques ou tout simplement dans le cadre de la recherche documentaire. Les bas-fonds enquêtés sont géoréférencés. Une liste des bas-fonds où des actions immédiates peuvent être entreprises après une enquête plus approfondie sur le foncier est établie. La base de données contient à ce jour des informations sur deux cents (200) bas-fonds répartis sur toute l'étendue du territoire.

Les résultats analytiques ont trait à l'analyse globale des informations collectées au niveau de chaque région et aux grandes tendances qui se dégagent de l'ensemble des données. De l'analyse de ces résultats, il ressort que la non maîtrise de l'eau, la pauvreté des sols et l'absence d'appui aux exploitants sont les principales contraintes recensées sur l'ensemble du pays.

A cela s'ajoutent des contraintes spécifiques à chaque région. Nous pouvons citer, entre autres, l'érosion et le ravinement dans la région des Savanes, la mévente du riz et de la tomate pour la région de la Kara, l'enherbement dans les régions Centrale et des Plateaux, l'attaque des cultures par les insectes et les vers dans la région Maritime.

Il s'agit d'un projet conjoint ITRA - IFDC-Afrique. Il a consisté en la collecte de données sur les sols sur toute l'étendue du territoire national. Ce projet vise la création d'une base de données combinant les données de sols et celles de la météorologie. Il s'agit de collecter les données, de les traiter, de les analyser et de former par la suite les chercheurs à la gestion de cette base.

Sur le plan méthodologique, il a été procédé à une revue bibliographique, à la visite et à la collecte de données de terrain. Ces données ont été sélectionnées, harmonisées et saisies sous le logiciel Excel.

En terme de résultats, il a été constitué un fichier de plusieurs centaines de pages décrivant les caractéristiques physiques, chimiques, morphologiques et environnementales des principales unités pédologiques. Les données collectées concernent cinq cents (500) profils. Ces profils ont été enregistrés et répartis comme suit : cent neuf (109) dans la Région Maritime, cent cinquante et un (151) dans la région des Plateaux, trente neuf (39) dans la région Centrale, cent trente deux (132) dans la Kara et soixante dix neuf (79) dans la région des Savanes. Ces données brutes vont être traitées et analysées dans un système de gestion de base de données.

L'élaboration de bases de données est une nécessité car il s'agit de développer des outils permettant des prises de décision dans le cadre de l'orientation des actions de développement dans le secteur agricole. Les bases de données n'ont d'intérêt que quand les données qu'elles contiennent sont régulièrement mises à jours.

GESTION INTEGREE DE LA FERTILITE DES SOLS

Les activités GIFS ont été réalisées essentiellement au Togo méridional et ont concerné les zones à maïs - coton , riz , maïs- manioc.

L'objectif global visé est la détermination des options de fertilisation économiquement rentables combinant les fumures organiques et minérales.

Les travaux ont été conduits dans la zone de Yotokopé dans la préfecture de Yoto. Cette zone est caractérisée par différents systèmes de culture, avec une dominante du système maïs avec coton en dérobé. Le projet GIFS a pris en compte ces réalités. La GIFS combine l'utilisation des ressources organiques des différents systèmes de production aux engrais chimiques afin d'améliorer leur efficacité pour une intensification agricole durable. Les activités de recherche ont eu lieu sur les parcelles d'apprentissage qui sont sous la responsabilité des organisations de producteurs cibles des différents villages sites. Le projet vise à :

- identifier les doses de fertilisation optimales et rentables sur le maïs ;

- gérer les résidus de récolte des cultures en combinaison avec les engrais chimiques.

Les essais ont été installés dans différents villages sites en fonction des systèmes de culture. Le seul facteur testé est la dose d'engrais. Le témoin est la pratique paysanne sans engrais. La plante test est le maïs.

Il a été semé dans un schéma de 0,80 m x 0,40 m à deux plants par poquet. Les engrais NPK ont été apportés entre 15 et 20 jours après le semis et après le premier sarclage. L'urée a été fractionnée en deux apports au 35ème jour après le semis et en début de floraison mâle. Différentes options GIFS ont été testées en fonction des villages.

*  Essai de rotation niébé-maïs de Klokpé :

De façon générale, les traitements avec apport d'engrais ont été supérieurs au témoin. L'effet des engrais a été donc positif sur le rendement maïs-grain. Le rendement le plus élevé a été obtenu avec l'option. Niébé-maïs + N99 P30 K30 soit 4 750 Kg/ha. Ce rendement est trois fois supérieur au témoin sans engrais.

*  Essai maïs - coton :

Deux option ont été testées :

A Adjové et à Tové l'option. coton-maïs + N76 P30 K30 a donné le meilleur rendement ( 4 300 Kg/ha) soit plus de 350 % du témoin qui est de 950 Kg/ha

A Mangotigomé et Adjové, le meilleur résultat a été obtenu avec l'option : coton- maïs + N61 P15 K15 soit 4 200 kg/ha contre 1050 Kg/ha pour le témoin.

Les différents tests ont permis d'identifier les options GIFS les plus performantes mais leur diffusion devra être précédée d'une analyse économique afin de déterminer leur rentabilité. La participation effective des producteurs est le facteur déterminant de l'appropriation et de l'adoption des techniques culturales liées aux options testées.

Les essais participatifs antérieurs (2001) sur le périmètre irrigué de Mission Tové, ont permis de mettre au point des doses optimales de N, de P et de K. Des alternatives pour l'amélioration du statut physico-chimique des différents types de sols du périmètre rizicole de la vallée du Zio avec l'utilisation des engrais chimiques simples et la restitution des pailles de riz ont été préconisées. A la restitution des résultats de ces essais aux riziculteurs, des options de valorisation des pailles de riz ont été identifiées mais deux ont été retenues pour les essais en petite campagne 2002. Ces options ont été reconduites au cours de la campagne agricole 2003-2004. Il s'agit de l'épandage de la paille suivi du brûlage ou de l'épandage de la paille suivi d'un enfouissement par labour. Les options retenues ont été comparées aux pratiques habituelles des riziculteurs qui sont : le brûlage de paille en tas au milieu des casiers ou l'enlèvement total des pailles des casiers avant le labour.

Le projet se propose de :

- évaluer l'efficacité des différents modes de restitution de la paille de riz ;

- évaluer l'effet combiné de la fertilisation minérale et de la restitution de la paille de riz.

Le riz (variété IR 841) a été repiqué selon un schéma de 20 cm x 20 cm dans un dispositif expérimental constitué de blocs dispersés à travers les villages sites et en fonction des types de sol. Chaque paysan test a constitué une répétition. Les options à tester sont disposées en couple avec la pratique paysanne chez le même producteur.

En terme de résultats, on peut noter que l'enfouissement de la paille avec témoin paille enlevée du riz permet d'améliorer le statut physico-chimique des sols. Cette gestion intégrée de la fertilité des sols réduit les coûts de fertilisation et améliore l'efficacité des engrais. Ce qui permet d'accroître substantiellement les rendements de riz et partant, le revenu des riziculteurs. Ces essais ont mis en évidence ce qui suit :

- l'épandage suivi de l'enfouissement de la paille au labour est plus indiqué sur les sols sableux;

- l'épandage suivi du brûlage de la paille est plus conseillé sur les sols argileux

Toutefois, l'épandage de la paille entre la petite et la grande campagne est la meilleure pratique car elle assure une meilleure décomposition des résidus de récolte.

L'une des contraintes majeures à la production agricole dans le sud Togo est la perte de la fertilité des sols due essentiellement à la forte pression démographique. Le projet GIFS a entrepris avec les institutions/structures locales ITRA, ICAT, PODV et CREMA les activités visant la restauration de la fertilité de ces sols. Ces activités couvrent les volets suivants : la recherche participative, la vulgarisation des options avérées, le renforcement des capacités des acteurs, le développement des liens institutionnels et la capitalisation des acquis. L'ensemble de ces actions s'est exécuté dans le cadre d'une approche systémique et participative.

Les objectifs visés par le projet sont entre autres :

- renforcer les capacités organisationnelles et opérationnelles des groupements agricoles;

- faciliter la diffusion des options et stratégies GIFS avérées à grande échelle dans la zone ;

- capitaliser les acquis sur les aspects agronomiques et socio-économiques de l'intensification agricole ;

- renforcer les liens institutionnels entre les acteurs du projet GIFS ;

- promouvoir le développement de l'agri business du village à la région.

La stratégie utilisée privilégie l'initiation et la concentration des activités GIFS au niveau d'un certain nombre de villages-cibles. L'expérimentation et l'amélioration des systèmes de production sont basées sur l'application des options GIFS adaptées et acceptées et garantissant la rentabilité économique et la préservation des ressources naturelles. Ces options devront s'étendre sur l'ensemble de la zone maïs - manioc.

Des réunions d'information, d'échange, de motivation et de diagnostic des contraintes et des opportunités liées aux activités d'adoption des innovations technologiques GIFS ont été organisées. Celles-ci ont permis de décider et de mettre en oeuvre avec les producteurs volontaires et motivés membres de certains groupements, une série d'actions ciblées à travers les appuis complémentaires des agents du PODV, de l'ITRA, de l'ICAT et du CREMA.

Dans le cadre méthodologique de " recherche participative " , les activités suivantes ont été mises en œuvre : le diagnostic participatif, la conduite des parcelles d'apprentissage, la vulgarisation des options avérées, le renforcement des capacités des acteurs, la capitalisation des acquis etc.

En terme de résultats, parcelles d'apprentissage : la fumure minérale a été combinée aux ordures ménagères. Les résultats agronomiques obtenus ont montré que quelle que soit la dose d'engrais utilisée le rendement en maïs grain augmente avec l'accroissement de la dose d'ordure ménagère. Le rendement le plus élevé a été obtenu avec 10 tonnes/ha d'ordure ménagère (3180 kg/ha) contre 1860 kg/ha sur les parcelles n'ayant pas reçu d'ordures ménagères. La détermination des doses de fumures économiquement rentables sont les objectifs à atteindre dans le futur.

Association maïs-soja : les rendements obtenus dans le cadre de cette association en culture de maïs se sont établis en moyenne à 2300 kg/ha. Pour le soja, les attaques que la culture a subies ont annihilé la production.

Vulgarisation : les options suivantes ont été diffusées :

- maïs - engrais et/ou mucuna/manioc/niébé, maïs - engrais et/ou fumier , maïs - engrais et/ou plantes fertilitaires. Cette option a donné une moyenne de rendement de maïs de 3175 kg/ha.

- maïs - engrais - mucuna + résidus de récolte. Le rendement moyen en maïs est de 2340 kg/ha.

- maïs - engrais - manioc ou patate douce sur précédent maïs - engrais - mucuna : la production moyenne observée a été de 1906 kg/ha.

- maïs - engrais - mucuna/maïs - engrais - manioc + résidus de récolte en assolement rotation : le rendement moyen observé dans cette option est de 2413 kg/ha.

Conclusion et perspectives

" Il est indispensable d'outiller les acteurs dans l'approfondissement des diagnostic-analyse de l'environnement et des situations pour une meilleure intégration des expertises paysannes (pratiques + expérience) et scientifiques (principes et planification) pour le développement et la diffusion d'options applicables, rentables et durables dans les anciennes et nouvelles zones pilotes.

" La nécessité de renforcer les partenariats afin d'accroître les synergies et complémentarités entre les acteurs et disposer d'une base harmonisée d'indicateurs de suivi-évaluation ;

" La création de conditions et de mesures d'accompagnement favorables à l'expansion durable des options avérées: voyages d'étude et constitution d'un noyau de facilitateurs en GIFS.

Face à la dégradation des sols dans la région Maritime ayant pour comme corollaire la baisse de la fertilité, il est devenu une préoccupation de rechercher et de proposer aux agriculteurs des plans de fertilisation appropriée. Ces plans sont conçus pour d'une part, prendre en compte les sources locales de nutriments et, d'autre part, tenir compte des possibilités économiques et techniques des agriculteurs.

Le projet a démarré en 2002 et se poursuit dans une dynamique de collaboration entre les chercheurs de l'Ecole Supérieure d'Agronomie de l'Université de Lomé et ceux de l'Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA). Les activités menées par l'ITRA dans ce cadre concernent la conduite des essais surtout en milieu paysan.

Ces essais ont été réalisés dans la sous-préfecture d'Afagnan. Ils ont impliqué cinq producteurs à raison d'un producteur par village. Le projet vise entre autres objectifs :

- fabriquer du compost à partir des résidus de récolte de café et de riz enrichi au phosphate naturel et de cendre de coques de coton de façon à renforcer la teneur du produit fini en phosphore et potasse ;

- évaluer l'aptitude agronomique relative du compost fabriqué par des essais au champ;

- déterminer la dose optimale de compost requise en culture de maïs sur terres de barre.

Les essais ont été conduits sur des parcelles dites de démonstration cédées au projet par les agriculteurs impliqués. Ils ont été conduits dans cinq différents villages. Les sols de ces villages appartiennent à un ensemble homogène pédologique localement appelé "Terres de Barre". Ce sont des sols rouges ferrallitiques dont le solum est principalement sableux et très appauvri en argile. Pour l'essentiel, ces sols sont dotés d'une faible capacité de stockage en eau et en éléments nutritifs ce qui prédispose les cultures aux carences nutritives diverses.

Les parcelles élémentaires étaient ensemencées de maïs suivant le schéma 80 cm d'interlignes x 40 cm d'interpoquets à 2 graines par poquet.  Les rendements ont été déterminés suivant des carrés de rendement de 5 m x 5 m posés à l'intérieur de chaque parcelle. D'une façon générale la production moyenne obtenue sous fertilisation minérale seule a été de 2,70 t/ha, celle sous fertilisation organique (compost seul) de 2,16 t/ha. La fertilisation mixte organo-minérale (compost + engrais) a donné un rendement maïs-grain de 2,98 t/ha).

L'analyse des variations observées sur ces productions a montré que les fertilisations minérale et organique ont eu des effets bénéfiques sur les rendements obtenus. En effet, les écarts observés entre les rendements du témoin et ceux des autres traitements sont significatifs. Ces écarts correspondent à des accroissements du rendement par rapport au témoin : de 105 % pour la fertilisation minérale complète (T1), 64 % pour la fertilisation organique avec le compost (T3) et 126 % pour la fertilisation organo-minérale (T3).

A la lumière de ces résultats, il est apparu que la combinaison compost + engrais a permis d'améliorer significativement le rendement de la culture mieux que l'utilisation du compost seul. Toutefois, en terme d'efficacité agronomique relative (EAR), le compost a montré une EAR de 61 % et la combinaison compost-engrais une EAR de 120 %. Le compost seul a induit des suppléments de rendement de 39 % inférieurs à ceux induits par les engrais minéraux. La fertilisation minérale complète a permis d'apporter en tout à la culture 76 - 30 - 60 unités de N, P2O5 et K2O à l'hectare, respectivement, alors que les 10 tonnes de compost à l'hectare autorisaient un apport de N 50-P2O5 7-K2O 240 des mêmes éléments et la combinaison engrais-compost N- P2O5-K2O (63 - 19 - 50).

Le recouvrement des différents éléments par source a montré que dans l'ensemble les éléments apportés par le compost ou la combinaison compost-engrais ont été mieux utilisés par la culture (tableau 42). Il semble néanmoins à la lumière de ces résultats que l'apport de K par le compost soit trop généreux ; ce qui explique son faible recouvrement. D'un autre côté, le fort niveau de recouvrement du P apporté par le compost indique que son niveau dans le compost est relativement faible pour contribuer au relèvement du P du sol. De ces deux constats, il importe donc d'ajuster la composition du compost en P et K pour le rendre plus efficace et plus contributeur à l'amélioration de la productivité du sol.

Conclusion et perspectives

Il ressort de ces premiers essais en milieu paysan que le compost fabriqué dans le cadre de ce projet se présente comme une alternative intéressante à l'utilisation des engrais sur les terres de Barre. Il se comporte encore mieux quand il est associé aux engrais. Dans sa composition actuelle, il semble présenter un fort dosage en potassium et une faible teneur en phosphore. C'est donc au niveau de ces deux éléments que sa composition devra être revue pour le rendre plus adapté aux terres de Barre. Dans la perspective de sa diffusion auprès des agriculteurs, il importera de déterminer son efficacité apparente pour une meilleure évaluation de sa rentabilité. Les résultats présentés sont ceux d'une année et les tendances observées méritent d'être confirmées par une répétition de ces essais.

PEDOLOGIE ET CARTOGRAPHIE

Les actions menées ont consisté en des prestations de services et en la réalisation d'activités de recherche dans le cadre de l'exécution des projets de recherche.

Pour ce qui est des activités de recherche, il y a lieu de citer l'aménagement et la mise en valeur du bas-fond d'Adéta, le début de constitution d'une base de données sur les sols.

En matière de prestation de services, 1 826 déterminations ont été effectuées sur 212 échantillons de sols, de plantes et d'engrais.

Analyses de Sols

Il ressort de l'analyse des 212 échantillons que les sols sont pauvres en N, P, K.

En comparant les régions entre elles, il apparaît que les Savanes sont plus déficients en N, suivies de la Kara, Centrale, Maritime et Plateaux.

Par rapport au P, la Kara est la plus déficiente suivie des Plateaux, Savanes, Centrale et Maritime. Les Savanes sont plus déficients en K suivis de la Maritime, Kara, Plateaux et Centrale. L'élément le plus déficient dans toutes les régions est N, suivi de P et K dans la Kara alors que la tendance est inversée (K et P) dans les autres régions.

Cette étude de tendance devrait servir de base pour guider les décideurs dans leurs actions de restauration de la fertilité des sols.

Les déterminations sur les engrais sont en forte régression par rapport aux années précédentes. Les échantillons analysés ont tous été conformes aux indications du fabricant.

TECHNOLOGIES ALIMENTAIRES

NUTRITION ET TECHNOLOGIES ALIMENTAIRES

Les activités de nutrition et de technologie alimentaires (DNTA) couvrent les domaines de Contrôle de Qualité et Normalisation et de Technologie alimentaire

Les travaux analytiques de prestation de service constituent une part importante des activités des laboratoires de Nutrition et de Technologies Alimentaire. Ils ont pour objectifs :

- la vérification de la qualité loyale et marchande des produits alimentaires ;

- la protection de la santé du consommateur.

Au cours de l'année 2003, 566 déterminations ont été effectuées sur 112 échantillons de produits les plus divers : huiles et corps gras, céréales et dérivés, eaux de boisson, épices et condiments, tubercules et dérivés. Ce contrôle de qualité permet de vérifier si les critères physico-chimiques (densité, taux d'humidité, de lipides, de protéines, de minéraux, etc.…) sont conformes aux spécifications établies pour ces produits par des normes réglementaires telle que du CODEX ALIMENTARUS, de l'ISO et de la norme française AFNOR.

Le programme qualité UEMOA/ONUDI/UE a constitue l'essentiel des activités menées. Le programme pour la mise en place d'un système d'accréditation, de normalisation et de la promotion de la qualité a été lancé en Septembre 2001 par le Directeur Général de l' Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) et le Président de la commission de l'Union Economique et Monétaire de l'Afrique de l'Ouest (UEMOA). Financé par l'Union Européenne pour un coût de 12,5 million d'Euros sur trois (3) ans, ce programme devra permettre aux biens et services produits dans les pays de l'UEMOA d'être conformes aux réglementations techniques et aux normes internationales en vue de leur assurer un meilleur positionnement sur le marché international.

Ce programme est articulé en trois (3) composantes : accréditation/certification, normalisation et promotion de la qualité avec des objectifs spécifiques pour lesquels sont définies des actions à réaliser.

Dans le cadre de ce programme, la DNTA a bénéficié de la formation des professionnels de la filière pêche organisée pour les inspecteurs sanitaires de la Direction de l'élevage et de la EP et les opérateurs économiques.

Au plan du renforcement des capacités en laboratoires de contrôle qualité des produits de la pêche, une mission d'évaluation des capacités conduite par un expert de l'ONUDI a été mise à contribution pour apprécier la faisabilité de cet appui.

Il a été proposé de renforcer le laboratoire d'hygiène appliquée de l'Institut National d'Hygiène (INH) pour effectuer les analyses microbiologiques des produits de pêche et le laboratoire de la DNTA pour le contrôle chimique.

Ces décisions ont été accompagnées d'actions concrètes notamment le réaménagement suivant les normes internationales des laboratoires de contrôle - qualité de la DNTA/ITRA et la formation d'un cadre de la DNTA à Roche sur Yon en France pour le dosage des métaux lourds dans les denrées alimentaires et particulièrement dans les produits de la pêche (méthode de spectrophotométrie d'absorption atomique).

Sur le volet ACCREDITATION ET CERTIFICATION du Programme, la DNTA a bénéficié des formations régionales en gestion commerciale et financière des laboratoires et a participé activement aux réunions d'harmonisation des méthodes d'analyses alimentaires.

Sur son volet NORMALISATION, le Programme a appuyé la mise en place d'un centre de documentation sur les normes et le renforcement des capacités de l'Organisme Togolais de Normalisation (ex. Conseil Supérieur de Normalisation) à travers la formation du Président du Comité Technique Agriculture et Produits alimentaires qui est le responsable de la normalisation de la DNTA.

En vue de diminuer les pertes lors du stockage et augmenter la disponibilité des produits à base d'igname, des activités de recherche ont été axées depuis 2001 sur les essais de conservation des ignames fraîches par la méthode de curing en milieu paysan à Bassar. Les effets de cette méthode sur la qualité des tubercules ont été déterminés par des séances de dégustation. Une enquête auprès des consommateurs de la ville de Lomé a permis de recenser les différentes formes de consommation de l'igname au Togo.

Les objectifs visés par ce travail de recherche sont :

- Tester et valider la méthode de curing en milieu paysan

- Déterminer l'effet du traitement sur la qualité des produits dérivés

- Déterminer l'effet du traitement sur les caractéristiques physico-chimiques des tubercules

- Sélectionner les meilleurs traitements (curing + dégermage total ou partiel) et faire des recommandations en vue de la vulgarisation de la technique en milieu paysan pour diminuer effectivement les pertes lors du stockage.

Les zones de Lomé et Bassar ont été choisies pour les essais. Les variétés utilisées pour cette étude sont Laboko et Monia, récoltées en décembre 2001 et décembre 2002 auprès de quatre paysans dans quatre villages de Bassar. Les échantillons pour les dégustations étaient des tubercules d'igname de la récolte de trois mois et six mois de conservation. Les variétés tardives kéké et alassora ont servi à la consommation en cossettes améliorées et à la fabrication de farines et de wassa -wassa ou couscous améliorés.

Les paramètres mesurés sont :

- Influence du traitement sur la qualité des variétés en janvier, avril et juin ;

- Influence du curing couplé avec le dégermage sur la qualité des variétés en juin ;

- Comparaison des variétés sous l'influence du curing et du dégermage entre

2002 et 2003 ;

- Taux d'humidité dans les tubercules dès leur arrivée aux laboratoires ;

- Evaluation de la perte en eau des ignames après 6 mois de conservation en frais en fonction des traitements (curing, sans curing, dégermage total et partiel) ;

- Influence des traitements sur la teneur en matière sèche (g/100g) des variétés au cours de leur conservation en frais.

Les traitements statistiques des données issues des dégustations des mets à base des deux variétés présentent après 6 mois de conservation les tendances suivantes:

* Influence du traitement sur la qualité de la variété Monia et Laboko en janvier

A la récolte et après la technique de curing, il n'y a pas une différence significative entre les lots traités (curing) et les témoins (sans curing) de Monia surtout pour les appréciations " Médiocre et Bien ". Néanmoins, elle se dégage nettement pour " Excellent " (40-42% contre 30-32%). Cela démontre que le curing agit déjà positivement sur la qualité des tubercules de Monia en ces débuts de conservation.

Quant à la variété Laboko, la différence entre les tubercules traités (curing) et les témoins (sans curing) n'est pas significative en ces débuts de conservation comme chez la variété Monia. Les tubercules de Laboko ne sont pas gorgés d'eau même à la récolte et les mets sont toujours de meilleures qualités. Les tubercules ayant subi le curing sont plus appréciés (55-59%) contre 50% pour l'appréciation " Bien ".

* Influence du traitement sur la qualité de la variété Monia et de la variété Laboko en avril

En avril, quatre mois après la conservation, les appréciations commencent à partir de médiocre. Les mets n'apparaissent plus mauvais ou très mauvais. La déshydratation des tubercules est un peu plus poussée par rapport aux taux de janvier mais il n'apparaît pas de rides sur leur peau et leur intérieur est plus ferme. Il est à souligner que le curing améliore toujours la qualité des mets avec les deux variétés précoces choisies. En avril, le foufou paraît même trop élastique (collant) pour certains des dégustateurs. Les tubercules de Laboko ont réagi différemment : les " curing " sont meilleurs aux " sans curing " pour l'appréciation " Excellent " (40% contre 30-31%) puisque ces derniers perdent plus d'eau durant la conservation.

* Influence du traitement sur la qualité de la variété Monia et de la variété Laboko en juin

Contrairement à la variété Laboko, (pour le critère " excellent "), les mets à base de Monia (sans curing) sont plus appréciés en juin (35-36% pour Monia contre 25-27% pour Laboko). La perte en eau est très élevée 6 mois après la conservation (juin) des tubercules témoins puisque Monia contenait plus d'eau à la récolte, il ne devient pas trop ratatiné comme Laboko sans curing mais les tubercules traités (curing) sont aussi bien appréciés. Le foufou, le tékon et le koliko gardent un aspect identique à celui de ces mêmes mets en janvier ou avril.

* Influence du traitement (curing) couplé avec le sous- traitement (dégermage) sur la qualité de la variété de Monia et Laboko en juin.

La qualité de Monia est conservée six mois après si le curing est couplé avec le dégermage total (plus que 18%). On peut aussi pratiquer le dégermage total pour les témoins (sans curing, 18%). Le dégermage limite la germination et par conséquent, les pertes en MS (Matière Sèche) totale, responsable de la densité et de la viscosité des mets.

Le traitement (curing) doit être toujours couplé du dégermage pour les variétés Laboko mais pas plus qu'une fois pendant les 3 ou 4 mois de conservation surtout s'il s'agit des semences. Le dégermage partiel avec curing permet d'obtenir des plats de qualité meilleure en juin (0% pour l'appréciation " Médiocre " et plus que 15% pour l'appréciation " Excellent ". Le dégermage partiel sans curing et le dégermage total avec curing sont aussi acceptables. La variété de Laboko étant considérée comme une variété noble ou meilleure par les consommateurs, l'influence du curing est presque insignifiante.

L'unité de fabrication de la farine de sevrage "Nutrimix" est crée dans le but de compléter ou d'améliorer l'alimentation des enfants au cours du sevrage. Les objectifs de l'année 2003 étaient :

- Augmenter la production ;

- Mettre sur pied une politique commerciale pour contenir la concurrence;

- Rentabiliser des opérations de l'atelier.

SIGLES ET ABBEVIATION

BIS : Biométrie Informatique et Statistique

CBF : Consorsium Bas-Fonds

CEB : Commission des Essais Biologiques

CIMMYT : Centro Internacional de Mejoraniento de Maiz y Trigo

CRA-L : Centre de Recherche Agronomique du Littoral

CRA-F : Centre de Recherche Agronomique de la Zone Forestière

CRA-SH : Centre de Recherche Agronomique des Savanes Humides

CRA-SS : Centre de Recherche Agronomique de la Savane Sèche

CREMA : Centre de Recherche et d'Essai des Modèles d'Autopromotion

DARS : Dispositif d'Appui à la Recherche Système

DNTA : Division de la Nutrition et de la Technologie Alimentaire

DS : Direction Scientifique

FAO : Food and Agricultural Organization

GIFS : Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols

GMQ : Gain Moyen Quotidien en gramme par jour

GRN : Gestion des Ressources Naturelles

ICAT : Institut de Conseil et d'Appui Technique

IFDC : International Fertilizer Development Center

IITA : International Institute of Tropical Agriculture

IPGRI : International Plant Génétic Researche Institut

IST : Information Scientifique et Technique

ITRA : Institut Togolais de Recherche Agronomique

NPK : Azote, Phosphore, Potassium

OIC : Opportunities Industrilization Centers International

ONUDI : Organisation des Nations Unies pour la Développement Industriel

ONG : Organisation Non Gouvernementale

PROCORDEL: Programme Concerté de Recherche - Développement sur l'Elevage en Afrique de l'Ouest

QPM : Quality Protein Maïze

RVC : Ratio, Valeur, Coût

SCQN : Section Contrôle de la Qualité et de la Normalisation

UEMOA : Union Economique et Monétaire de Ouest Africaine

USAID : United states Agency for International Development

VNR : intégration des cultures fourragères

WECAMAN : West and Central African Maize Network (Réseau Ouest et Centre Africain de Recherche sur le Maïs)

                                                                   

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